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Accueil2026Festival de Cannes | مهرجان كان

79e Festival de Cannes

La Palme d’or 2026 a été décernée à Fjord de Cristian Mungiu, un drame qui met en lumière les fractures et les contradictions de sociétés proclamant leur tolérance et leur ouverture à travers les déboires d’une famille évangélique roumaine dans une petite ville norvégienne. C’est la deuxième Palme d’or pour le réalisateur roumain après celle obtenue en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Le Grand prix est allé à Minotaure d’Andreï Zviaguintsev et celui du jury à L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach. Le Prix de la mise en scène a récompensé Javier Ambrossi et Javier Calvo, pour La bola negra et Pawel Pawlikowski pour Fatherland.

Le rideau s’est levé le 12 mai sur la 79e édition du Festival international du film de Cannes, douze jours de cinéma avec en particulier vingt-deux films en compétition pour la Palme d’or, parmi lesquels Autofiction de Pedro Almodovar, Histoires parallèles d’Asghar Farhadi, Paper Tiger de James Gray ou encore Fatherland de Pawel Pawlikowski.

Le jury de cette édition était présidé par le réalisateur et producteur sud-coréen Park Chan-wook, qui a auparavant obtenu le Grand Prix 2004 pour Old Boy, film devenu culte, le Prix du jury 2009 pour Thirst, ceci est mon sang et celui de la mise en scène 2022 pour Decision to Leave, un thriller sur fond de drame passionnel. Il était accompagné dans sa tâche par l’écrivain britannique Paul Laverty, la réalisatrice et scénariste belge Laura Wandel, la réalisatrice et scénariste chinoise Chloé Zhao, le réalisateur et scénariste chilien Diego Cespedes, l’actrice et productrice américaine Demi Moore, l’actrice et productrice irlando-éthiopienne Ruth Negga, l’acteur ivoirien Isaach de Bankolé et l’acteur suédois Stellan Skarsgard.

L’ouverture a été rattrapée par l’actualité internationale autour du Proche-Orient en guerre, ce qui a fait dire au président du jury Park Chan-wook, lors d’une conférence de presse, "je ne crois pas qu’on devrait séparer l’art de la politique, c’est un concept étrange de vouloir opposer les deux". Il répondait à sa façon à la vague d’indignation soulevée lors du dernier Festival de Berlin par le cinéaste allemand Wim Wenders, président du jury de la Berlinale 2026, qui estimait que "le cinéma devait rester en dehors de la politique". De nombreux artistes de renom avaient alors contesté les propos de Wim Wenders à travers une lettre ouverte de protestation qui a rassemblé plus de 80 signataires dont Tilda Swinton, Javier Bardem, Nan Goldin et Adèle Haenel. L’écrivaine et militante indienne Arundhati Roy avait annulé sa venue à Berlin, où elle devait présenter un film restauré dont elle a signé le scénario.

Saluant la référence à Thelma et Louise de Ridley Scott pour l’affiche de Cannes 2026, le Britannique Paul Laverty, membre du jury de Cannes cette année et aussi scénariste fétiche de Ken Loach, a déclaré : "n’est-ce pas fascinant de voir quelqu’un comme Susan Sarandon, Javier Bardem, Mark Ruffalo, sur la liste noire à cause de leurs opinions en s’opposant au meurtre de femmes et d’enfants à Gaza ? Honte au gens d’Hollywood d’agir ainsi. Je leur adresse tout mon respect et ma solidarité. Ils sont les meilleurs d’entre nous et bonne chance à eux. "

Alors qu’il devait présenter, le 17 mai, son documentaire au Festival de Cannes, le réalisateur palestinien Mohammed Alshareef, résident de l’enclave de Gaza et lauréat du programme d’accueil en urgence des scientifiques et artistes en exil (Pause), n’a pas obtenu son visa. il a été récompensé le 19 mai, en son absence, pour Super Sila, dans le volet Docs-in-Progress de Cannes Docs. Dans le Gaza d’après les attentats du 7 octobre 2023, son film suit deux parents qui tentent de protéger leur petite fille des horreurs de la guerre en créant un récit imaginaire de super-héros.

Cannes 2026 a en outre été percuté, à la veille de son ouverture, par la publication dans Libération d’une tribune de 600 artistes et professionnel·les du secteur dénonçant l’emprise de Vincent Bolloré et celle "grandissante de l’extrême droite" dans le cinéma par l’intermédiaire du milliardaire conservateur qui fait déjà l’objet d’une fronde dans l’édition, menée par quelque 200 auteurs publiés chez Grasset. Cela intervient au moment où Vincent Bolloré projette d’acquérir 100 % des parts d’UGC d’ici à 2028, un réseau de 55 cinémas en France et en Belgique dont il a acquis 34 % en septembre, ce qui le met "en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran". Publiée à l’initiative du collectif Zapper Bolloré, la tribune a fait grand bruit et surtout provoqué l’annonce du boycott des 600 signataires, par la voix de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, une annonce qui soulève de graves questions, notamment au regard du statut de "premier financeur du cinéma français" de Canal+, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence.

Sur 2 541 longs métrages visionnés de 141 pays, quelque 1 000 titres de plus qu’il y a dix ans, les 22 films en compétition comptaient 14 européens, 4 asiatiques, 2 américains, Histoires parallèles de l’Iranien Asghar Farhadi, tourné à Paris avec une distribution française, et Minotaure du Russe Andreï Zviaguintsev, exilé en France. On aura noté l’absence de films d’Amérique du Sud, d’Afrique et du Proche-Orient. Rien que ça. Côté films américains, Cannes 2026 a manqué de se faire avec seulement The Man I Love d’Ira Sachs. Finalement, il a aussi fallu compter avec Paper Tiger de James Gray. Là où les sélectionneurs ont dû espérer donner à découvrir Disclosure Day, le très attendu film de Steven Spielberg qui sort en salles le 10 juin en France, ou encore L’Odyssée de Christopher Nolan (15 juillet).

En pleine reconfiguration d’Hollywood, sur fond de rachat en cours des studios Warner par Paramount Skydance, prélude à la création d’un nouveau géant pro-Trump, l’autre inquiétude tient à l’intelligence artificielle que l’on craint de voir absorber ou faire disparaître de nombreux métiers du cinéma. Un thème dont il a été question avec John Lennon : The Last Interview de Steven Soderbergh qui s’appuie sur la dernière interview accordée par John Lennon et Yoko Ono, à une équipe de RKO Radio, pour la promotion de leur album Double Fantasy. Le film a été réalisé avec le concours de Méta qui a cofinancé le projet en échange du recours à ses outils génératifs vidéo. Résultat, les images générées par IA représente quelque 10 % du film. Même si le cinéaste revendique une utilisation éthique de cette technologie, dont il dit, "il est évident que c’est de l’IA et qu’elle est utilisée essentiellement comme vous utiliseriez des effets visuels", cette approche divise l’industrie cinématographique.

Deux Palmes d’honneur ont été décernées au réalisateur néo-zélandais Peter Jackson et à l’actrice et chanteuse américaine Barbra Streisand. Peter Jackson est connu dans le monde entier pour sa trilogie du Seigneur des anneaux qui a cumulé dix-sept Oscars. Les films de ce réalisateur, qui a entamé sa carrière en autodidacte, ont rapporté 6,65 milliards de dollars de recettes dans le monde, faisant de lui le troisième cinéaste le plus rentable de l’histoire du cinéma, derrière James Cameron (8,74 milliards) et Steven Spielberg (12,04 milliards) (Wikipédia). Au cinéma, Barbra Streisand s’est illustrée dans des films emblématiques comme Funny Girl (1968), The Way We Were (1973) ou encore son propre film Yentl (1983), qu’elle a écrit, produit, réalisé et interprété.
Une Palme d’or d’honneur surprise a en outre été remise à John Travolta juste avant la projection, hors compétition, de Propeller One-Way Night Coach, son premier film en tant que réalisateur.

L’affiche de Cannes 2026 met à l’honneur Thelma et Louise, road-movie féminin et féministe de Ridley Scott, avec Susan Sarandon et Geena Davis (1991). Ce qui n’a pas empêché le collectif féministe 50/50, actif depuis 2018 pour l’égalité et l’inclusion dans le cinéma et l’audiovisuel, de dénoncer le "feminism washing" d’un festival qui ne sélectionne et ne récompense régulièrement qu’une minorité de femmes. Pour cette édition, seulement 5 réalisatrices figurent en compétition officielle sur les 22 films sélectionnés ; elles étaient 7 sur 22 l’an dernier.



 12 - 23 mai 2026, 79e Festival international du film de Cannes


Le Palmarès

Palme d’or : Fjord de Cristian Mungiu

Grand prix : Minotaure d’Andreï Zviaguintsev

Prix du jury : L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach

Prix de la mise en scène : Javier Ambrossi et Javier Calvo pour La Bola Negra, et Pawel Pawlikowski pour Fatherland

Prix d’interprétation féminine : Virginie Efira et Tao Okamoto, pour leur rôle dans Soudain de Ryusuke Hamaguchi

Prix d’interprétation masculine : Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour leur rôle dans Coward de Lukas Dhont

Prix du scénario : Emmanuel Marre, pour Notre salut

Caméra d’or : Ben’imana de Marie-Clémentine Dusabejambo

Palme d’or du court-métrage : Aux adversaires de Federico Luis


Sélection officielle

Competition (22)

 Paper Tiger by James Gray
 Minotaur by Andrey Zvyagintsev
 El Ser Querido (The Beloved) by Rodrigo Sorogoyen
 The Man I Love by Ira Sachs
 Fatherland by Paweł Pawlikowski
 Moulin by László Nemes
 Histoire de la nuit (The Birthday Party) by Léa Mysius
 Fjord by Cristian Mungiu
 Notre salut by Emmanuel Marre
 Gentle Monster by Marie Kreutzer
 Nagi Notes by Koji Fukada
 Hope by Na Hong-Jin
 Sheep in the Box by Hirokazu Kore-eda
 Garance (Another Day) by Jeanne Herry
 The Unknown by Arthur Harari
 All of a Sudden by Ryusuke Hamaguchi
 Das Geträumte Abenteuer (The Dreamed Adventure) by Valeska Grisebach
 Coward by Lukas Dhont
 La Bola Negra (The Black Ball) by Javier Ambrossi & Javier Calvo
 A Woman’s Life by Charline Bourgeois-Tacquet
 Parallel Tales by Asghar Farhadi
 Amarga Navidad (Bitter Christmas) by Pedro Almodóvar

Out of competition (07)

 The Electric Kiss (La Venus électrique) by Pierre Salvadori (Opening Film)
 Her Private Hell by Nicolas Winding Refn
 Diamond by Andy Garcia
 Karma by Guillaume Canet
 L’Objet du délit by Agnes Jaoui
 La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer by Antonin Baudry
 L’Abandon by Vincent Garenq

Un certain regard (20)

 Victorian Psycho by Zachary Wigon
 Mémoire de fille by Judith Godrèche
 Titanic Ocean by Konstantina Kotzamani
 Ulysse by Laetitia Masson (Closing Film)
 La más dulce (Strawberries) by Laïla Marrakchi
 Club Kid by Jordan Firstman
 Teenage Sex and Death at Camp Miasma by Jane Schoenbrun
 Everytime by Sandra Wollner
 I’ll Be Gone in June by Katharina Rivilis
 Yesterday the Eye Didn’t Sleep by Rakan Mayasi
 El Deshielo (The Meltdown) byManuela Martelli
 Siempre Soy Tu Animal Materno (Forever Your Maternal Animal) by Valentina Maurel
 Elephants in the Fog by Abhinash Bikram Shah
 Benimana by Marie-Clementine Dusabejambo
 Le Corset (Iron Boy) by Louis Clichy
 Congo Boy by Rafiki Fariala
 All the Lovers in the Night by Yukiko Sode
 Ben’Imana by Marie-Clémentine Dusabejambo
 Uļa by Viesturs Kairišs
 Words of Love by Rudi Rosenberg

Special Screenings (12)

 Vesna by Rostislav Kirpičenko
 Ceniza en la boca (A Mouthful of Ash) by Diego Luna
 Tangles by Leah Nelson (Animation)
 Le triangle d’or by Hélène Rosselet-Ruiz
 Groundswell by Josh & Rebecca Tickell (Documentary)
 John Lennon : The Last Interview by Steven Soderbergh
 Avedon by Ron Howard
 Les Survivants du Che by Christophe Dimitri Réveille
 Les Matins Merveilleux by Avril Besson
 Rehearsals for a Revolution by Pegah Ahangarani
 L’Affaire Marie Claire by Lauriane Escaffre & Yvo Muller
 Cantona by David Tryhorn & Ben Nicholas

Midnight Screenings (05)

 Roma Elastica by Bertrand Mandico
 Full Phil by Quentin Dupieux
 Gun-Che (Colony) by Yeon Sang-ho
 Jim Queen by Nicolas Athane and Marco Nguyen
 Sanguine by Marion Le Coroller

Cannes Premiere (10)

 The End of It by Maria Martinez Bayona
 Marie Madeleine by Gessica Généus
 Aquí by Tiago Guedes
 Mariage au goût d’orange by Christophe Honoré
 Si tu penses bien by Géraldine Nakache
 Propeller One-Way Night Coach by John Travolta
 The Samurai and the Prisoner by Kiyoshi Kurosawa
 Heimsuchung (Visitation) by Volker Schlöndorff
 The Match by Juan Cabral & Santiago Franco
 La Troisième Nuit (When the Night Falls) by Daniel Auteuil