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  Conversations méditerranéennes d’Ali Ghanem

Lire aussi
Chacun sa vie d’Ali Ghanem

Dès la fin des années 1980, le cinéaste et écrivain Ali Ghanem a entrepris d’interviewer de nombreuses personnalités de la scène culturelle, artistique et médiatique, des deux rives de son histoire personnelle. Au fil de ses rencontres, Ali Ghanem a entrepris de les interroger sans hésiter à adopter, parfois, "un ton direct et personnel", dont il dira "je les ai emmenés à parler de leur quotidien pour donner aux lecteurs une image différente d’eux-mêmes et de leur œuvre, et j’ai souvent trouvé des réponses à mes propres questions". Parmi quelques 45 entretiens, on y retrouvera des échanges avec Hocine Aït Ahmed, Mohamed Harbi, Yasmina Khadra, Malek Chebel, Galeb Bencheikh, Rachid Mimouni, Boualem Sansal, Fatima Mernissi, Sihem Bensedrine Jacques Berque, Jean Lacouture, Edwy Plenel, Edmonde Charles-Roux, Amin Maalouf ou encore Omar Sharif.

Terminé en 2007 et sorti seulement en 2014, Chacun sa vie est son quatrième long-métrage.

Né en 1943 à Ain el-Bordj dans l’Est algérien, établi en France depuis le milieu des années 1960, cet autodidacte est l’auteur de plusieurs films et de deux romans. Ali Ghanem s’est fait remarquer en 1970 avec Mektoub ?, "le premier long métrage d’un jeune Algérien de 26 ans, manœuvre sur les chantiers et apprenti cinéaste". Si Mektoub ? montre plus qu’il ne démontre, en faisant des immigrés -ici Algériens- les acteurs principaux de son film et en éclairant leurs conditions d’existence, Ali Ghanem a le mérite de les rendre visibles. Sorti dans deux salles parisiennes, le film ne totalise que 5.000 entrées mais il va connaître une importante diffusion militante en plein débat sur l’immigration en France, suscité par la mort tragique de cinq ouvriers africains dans l’incendie de leur foyer à Aubervilliers, dans la région parisienne.
De Mektoub ?, dont Ali Ghanem dira qu’il est "naïf, sincère et maladroit", le critique Guy Hennebelle estimera que dans "dans l’histoire des cinémas français, arabe et africain, [il a] le mérite d’avoir été le premier long métrage de fiction à dénoncer de plein fouet les conditions de vie des immigrés maghrébins en France".

Ali Ghanem récidivera avec L’Autre France (1975), un film sur la solidarité des ouvriers maghrébins et français, tourné à Valenciennes, Lille, Roubaix et Tourcoing. avant d’aller en Algérie porter à l’écran Une femme pour mon fils (1982), son premier roman paru aux éditions Syros. Le film met en scène le mariage arrangé et les espoirs déçus de Fatiha et de Hocine travailleur immigré en France qui doit repartir au bout de quelque mois.

En 1984 paraît Le Serpent à sept têtes chez Flammarion, un récit-roman en grande partie autobiographique, dans lequel Ali Ghanem s’attache à un jeune paysan confronté aux rigueurs de la vie des Aurès sur fond de guerre d’Algérie, avant qu’il ne découvre Constantine et le cinéma et qu’il ne rêve plus que d’aller en France et ’travailler dans le cinéma’.



 Mektoub ?
(85 min., Fr, 1970)
Avec Abder El Kebir, Pierre Mirat, Ali Ghanem, Anouk Ferjac
Sortie en France : 23 septembre 1970




 L’Autre France
(75 min., Fr, 1975)


 Une femme pour mon fils
(90 min., Alg, 1982)
Avec Isma, Chafia Boudraa, Mustapha Kasdarli, Farida, Mustapha Halo



 Chacun sa vie
(90 min., Alg/Fr, 2007)
Avec Ahmed Taybi, Yves Piron, Oumria Mouffok, Chafik Aït Ahmad, Alice Taurand




Lire :

> Conversations méditerranéennes d’Ali Ghanem (Entretiens avec 45 personnalités)
(Alger, Casbah, 2022)

 Le Serpent à sept têtes (Paris, Flammarion, 1984)
 Une femme pour mon fils (Paris, Syros, 1979)

 


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