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  Algérie, année zéro de Marceline Loridan Ivens et Jean-Pierre Sergent

Documentaire sur les débuts de l’indépendance algérienne, entamé au cours de l’été 1962 à Alger et dans les campagnes, Algérie, année zéro traite par le menu d’un pays à majorité rurale qui a besoin de tout (réforme agraire, éducation, santé, etc.) et doit assurer la continuité dans la conduite des affaires et la gestion d’une agriculture déstructurée par les besoins de l’économie coloniale. Le film, qui fut interdit en France et en Algérie, fut distingué du Grand Prix du Festival de Leipzig en 1965. Opérateur sur le film, Bruno Muel confiait à son sujet : "pour qui avait été appelé en Algérie (pour moi, 1956-58) participer à un film sur l’indépendance était une victoire sur l’horreur, le mensonge et l’absurde. Ce fut en outre le début de mon engagement par le cinéma".
Lors de la projection du 25 janvier dernier au Forum des Images à Paris, Marceline Loridan a confié que parmi les rushes qui n’ont pas été montées figuraient "des scènes de lynchages et des luttes de pouvoir entre les Algériens eux-mêmes. Mais on était contre le colonialisme, a ajouté la cinéaste, et on ne voulait pas montrer les contradictions de ces gens qui avaient lutté du bon côté, ce qui aurait amoindri leur rôle. Aujourd’hui, je le regrette beaucoup".

Née Marceline Rosenberg, en 1928 à Epinal, de parents juifs polonais émigrés, arrêtée avec son père en 1943, Marceline Loridan-Ivens a connu la déportation au camp de Birkenau. Une expérience qu’elle évoque dans Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin (1960) et sur laquelle elle revient avec La Petite prairie aux bouleaux (2003) qu’elle tourne à l’âge de 74 ans. Au début des années 60, Marceline Loridan a rencontré Joris Ivens avec lequel elle a poursuivi une carrière de documentariste. En 2008, elle a publié Ma vie balagan aux éditions Robert Laffont.
Etudiant en philosophie qui joue également son propre rôle dans Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin, Jean-Pierre Sergent militait alors dans le réseau Jeanson de soutien au FLN algérien. Il se tourne ensuite vers le journalisme et le cinéma documentaire et travaille avec Jean Rouch, Mario Ruspoli, Joris Ivens et Marceline Loridan. Durant cette période, outre Algérie année zéro (1962-63), il tourne Rio Chiquito (Colombie, 1965) avec Bruno Muel et co-réalise Le Peuple et ses fusils (Laos, 1968-69) avec Joris Ivens.



- 20 décembre 2013, "58-68 : Retour sur une génération, vers un nouveau cinéma français", Paris / Centre Wallonie-Bruxelles
- 29 juin 2012, Abd El-Kader, l’exil et le divin de Florida Sadki (Doc., 52’, 2009) suivi de Algérie, année zéro de Marceline Loridan Ivens et Jean-Pierre Sergent (40’, 1962), Maghreb des Films à Paris : Algérie, naissance d’une nation, Paris / Cinéma 3 Luxembourg
- 12 avril 2012, "Retours vers le futur", Châteauroux / Cinéma Apollo, 4, rue Albert 1er, 36000 Châteauroux
- 12 et 17 mars 2012 à 18h15, Cinémathèque de Toulouse / 6e Festival Zoom Arrière - Censure et guerre d’Algérie
- 25 janvier 2012, Projection en présence de Marceline Loridan-Ivens et Cécile Decugis, "La guerre d’Algérie, images et représentations", Paris / Forum des Images
- 24 novembre 2010, Paris / Ecole des Beaux-arts
- 12 novembre, Montreuil / Cinéma Georges Méliès par Périphérie
- 25 mars 2010 à 13h30 Festival Cinéma du réel - Séances spéciales / MK2 Beaubourg
- 24 mars 2010 à 16h, Festival Cinéma du réel - Séances spéciales / Cinéma 2
- 12 octobre - 23 novembre 2007, Hommage-rétrospective Bruno Muel, Paris / Cinémathèque française



Algérie, année zéro de Marceline Loridan Ivens et Jean-Pierre Sergent
(40 min., Coul., Fr, 1962)
Grand prix du Festival de Leipzig 1965
* Film restauré par les Archives françaises du film, du CNC

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