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  Architecture, patrimoine et arts premiers d’Afrique

L’architecture de la majorité des grandes villes africaines est aujourd’hui dominée par des formes d’habitat populaire urbain qui empruntent invariablement à son substrat culturel et à la culture de l’ancien colonisateur. C’est surtout le résultat de contraintes générées par un exode rural massif et accéléré et de formes improvisées nées de l’urgence. Les villes africaines présentent ainsi les mêmes stigmates de croissance chaotique, de carences en matière d’urbanisme, de choix le plus souvent malheureux en matière de logements. On retrouve partout les mêmes déficits d’infrastructures, d’équipements et de transports, avec de gros budgets engloutis dans des capitales devenues ingérables et une difficulté chronique à valoriser des villes secondaires ou à créer des villes nouvelles.

Selon "L’Etat des villes du monde 2008-2009" publié par l’ONU-Habitat, les villes d’Afrique subsaharienne où vivent 165 millions d’habitants sont formées aux deux tiers de quartiers informels sans infrastructures ni équipements. En 2050, selon le même rapport, la population de ces cités passera à 1,2 milliard d’individus et la moitié de la population de l’Afrique sera alors urbaine, contre seulement 38% aujourd’hui. Plus que tout autre continent, l’Afrique est condamnée à des choix drastiques en matière de développement urbain pour imaginer, entre héritage culturel continental et modèles testés ailleurs, un habitat inventif et humain, soucieux de trouver des solutions en particulier aux centaines de millions de mal-logés.

Pendant ce temps, le patrimoine vernaculaire est plus que jamais menacé, d’abord par l’ignorance de sa valeur. Il reste fort heureusement des foyers de résistance et des raisons d’espérer comme en témoigne, en particulier, l’architecture de type soudanais et ses fleurons d’une étonnante modernité que sont notamment les constructions dédiées au culte musulman à Djenné, Tombouctou et Gao au Mali ; une architecture vivante de terre, de paille et de bois, née dans le Delta du Niger, dont on retrouve des influences au Burkina Faso, au nord de la Côte d’Ivoire ou au Ghana et qui continue d’inspirer bon nombre d’architectes et d’ouvrages. Témoins également la grande diversité de l’habitat et des pratiques de construction des centaines de groupes ethniques du continent, les audaces de l’architecture de terre en pays Dogon, l’art des bâtisseurs de la vallée du M’Zab, l’habitat traditionnel en Kabylie ou encore la technique de la voûte nubienne revisitée par feu l’architecte égyptien Hassan Fathy.

En juin 2006, lors d’une vente aux enchères "historique" à l’hôtel Drouot à Paris, un masque ngil Fang du Gabon a été acquis pour 5,9 millions d’euros, établissant au passage un nouveau record mondial pour une œuvre d’arts premiers. Le titre était détenu jusque-là par une statue de reine Bangwa du Cameroun vendue 3,4 M$ (2,7 M€) en 1990 chez Sotheby’s. Considéré comme une rareté, cet exemplaire de masque ngil Fang figurait dans la fameuse exposition "Primitivism in 20th Century Art : Affinity of the Tribal and the Modern Art", organisée par le MoMA de New York en 1984.
Le succès du musée du Quai Branly, inauguré en juin 2006 à Paris, n’était pas étranger à cette envolée des prix, de l’art africain en particulier.

Il faut ajouter à cela les 16 chefs-d’œuvre africains de la liste du patrimoine oral et immatériel de l’humanité qui en compte 90. Mais là encore, des arts premiers à l’architecture, en passant par ce patrimoine vivant à l’œuvre dans les traditions et expressions orales, l’artisanat, les arts du spectacle, les pratiques sociales et différents rituels ou événements festifs, le continent africain peine à inventorier, valoriser et protéger ses biens culturels de la dégradation, du vol et de l’exportation illicite. (Photo D.R.)



- 5 - 20 juillet 2009, "Terres d’Afrique et d’ailleurs", 2è Festival culturel panafricain d’Alger / Palais des Expositions - Pins Maritimes
- Juillet 2009, "Chefs d’œuvre africains du patrimoine immatériel de l’humanité", 2è Festival culturel panafricain d’Alger / Palais des Expositions - Pins Maritimes
- 7 juillet - 7 août 2009, "Sahara", 2è Festival culturel panafricain d’Alger / Palais des Expositions - Pins Maritimes

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