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  Les Femmes d’Alger de Djamel Tatah

Jusqu’au 21 novembre, le musée d’art moderne et contemporain d’Alger (Mama) présente la première exposition de Djamel Tatah dans le pays. Cette importante rétrospective, qui revient sur quelque vingt cinq années de production de l’artiste, sera ensuite accueillie, à partir du 14 décembre, par la Fondation Maeght à Saint Paul de Vence. Les Femmes d’Alger (1996), l’un des rares tableaux de Djamel Tatah à porter un titre, est du voyage. Dans cette œuvre peinte en pleine décennie sanglante en Algérie, avec un titre qui sonne comme une prise de parole, l’artiste témoigne à sa façon de son lien avec le pays de ses parents. Une seconde version (sans titre) de ce triptyque des "Femmes d’Alger" figure également dans la rétrospective (2013, Coll. Bernard Massini).

Les chemins qui mènent au tribunal sont parfois surprenants comme celui qui a conduit ce tableau, Les Femmes d’Alger, dans la salle des Pas perdus du tribunal de Saint-Gaudens en Haute Garonne. C’était en 1996. L’aventure a débuté par une action de mécénat de la Caisse des Dépôts et Consignation qui souhaitait commander une oeuvre à l’artiste. Ce mécénat impliquait que l’œuvre, tout en restant la propriété de la Caisse, fasse l’objet d’une exposition temporaire avant d’être versée dans une collection régionale. Présentée une première fois au Centre d’Art contemporain de Saint-Gaudens (Chapelle Saint-Jacques), l’exposition Les Femmes d’Alger* est née d’un tableau du même nom (image ci-contre, Huile et cire sur toile et bois, 340 x 450 cm) qui montre un chœur de femmes en pied. Si l’allusion au célèbre Femmes d’Alger dans leur appartement de Delacroix est claire, on est loin de ses femmes "moins sultanes que prisonnières" (Assia Djebar) et peintes dans une abondance de couleurs rares. Car c’est de noir que Djamel Tatah a choisi d’habiller les femmes d’Alger interdites de visage. Ici, la blessure est à vif mais n’est pas représentée, si ce n’est dans la tension de la pose et du regard démultiplié de ces femmes dont il faut prendre la mesure. Le geste poétique de Djamel Tatah trouve davantage d’échos dans les voix de celles qui sont encore sorties dans la rue en 2001 pour manifester leur solidarité avec leurs enfants ou leurs frères, les jeunes émeutiers du Printemps noir de Kabylie, et pour demander "vérité et justice".
Ce tableau, qui a été accroché de 1997 à 2002 dans la salle des Pas perdus du tribunal de Saint-Gaudens, a ensuite rejoint la collection publique "Les Abattoirs" à Toulouse.



- 14 décembre 2013 - 16 mars 2014, "Djamel Tatah" : Monographie, Saint Paul de Vence / Fondation Maeght, Exposition réalisée en partenariat avec le Mama d’Alger
- 22 septembre - 21 novembre 2013, "Djamel Tatah" : Monographie, Alger / Musée national d’art moderne et contemporain (Mama)
- 22 juin - 30 septembre 1996, Saint Gaudens / Chapelle Saint-Jacques
- 12 octobre - 30 novembre 1996, Musée de Bastia, Palais des Gouverneurs


Djamel Tatah
- Les Femmes d’Alger, ouvrage collectif (Centre d’art contemporain de Saint-Gaudens, 1996)

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