Algeriades > 2014 > Abdallah Mohia | عبداله موحيى

  Mohand ou Yahia (Mohia)

Mohand ou Yahia, ou encore Mohia, est décédé le 7 décembre 2004 d’une tumeur au cerveau, dans la clinique parisienne Jeanne Garnier. Né Abdallah Mohia, il était âgé de 54 ans. Enseignant les mathématiques, Mohand ou Yahia a longtemps tenu un commerce d’épicerie à Paris. Il est surtout connu pour avoir traduit, vers le berbère, de la poésie, des nouvelles, des contes, des proverbes et une vingtaine de pièces de théâtre pour la plupart inédits.

Né en 1950 à Azazga, élève du lycée Amirouche à Tizi-Ouzou où il obtient le baccalauréat en 1968, il poursuit des études supérieures de mathématiques à l’Université d’Alger et obtient sa licence en 1972. A son arrivé en France l’année suivante, il est l’un des rédacteurs du Bulletin d’Etudes Berbères et de la revue Tisuraf, publiés tous deux par le Groupe d’études berbères de l’université Paris VIII-Vincennes. Au début des années 80, Mohand ou Yahia anime la troupe de théâtre Asalu.

Dramaturge, poète et homme de culture, il aura traduit et contribué à faire connaître auprès de nombre de jeunes lecteurs des textes de Nazim Hikmet, Bertold Brecht, Alfred Jarry ou Eugène Pottié. Mohand ou Yahia est également l’auteur de chansons popularisées par Idir, Ferhat, Takfarinas, Ideflawen, Malika Domrane ou le groupe Djurdjura. Il laisse surtout un ensemble de plus d’une vingtaine de pièces de théâtre originales (Tachvaylit, Sinistri, Moh Terri...) et d’adaptations comme Si Pertuff, traduite du Tartuffe de Molière, Muhend Ucaban, d’après Le Ressuscité de Lu Sin, ou encore Am win yetsrajun Rabbi, adaptée de En attendant Godot de Samuel Beckett.

Joué essentiellement par des troupes de théâtre amateur, Mohia s’est vu rendre un hommage mérité en Algérie lorsqu’en 1992, l’humoriste Fellag porte à la scène Sin nni, son adaptation des Emigrés de Slawomir Mrozek. Créée au Théâtre de Béjaïa et reprise à Alger, la pièce connut un très grand succès.

Mohia a été inhumé le 13 décembre dans son village d’Aït Arbah en Kabylie, en présence d’une foule nombreuse venue lui rendre hommage.

Disparue de la programmation d’été du Théâtre Kateb Yacine de Tizi Ouzou après le départ de son directeur et metteur en scène Ahmed Khoudi, Am win yetsrajun Rabbi du dramaturge Abdellah Mohia a été présentée en décembre 2011 à Alger, au Théâtre national (Tna). Durant le mois d’août précédent, le Théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou s’apprêtait à accueillir à son répertoire la création de ce texte de Mohia. Adaptation en berbère d’En attendant Godot de Samuel Beckett, Am-in yetsradjun Rabbi a été mise en scène par Ahmed Khoudi qui fut également le directeur de l’établissement pendant trois mois avant d’être relevé de ses fonctions. La générale de devait être donnée les 12 et 13 août dans le cadre des soirées de Ramadhan. Mais la présentation du spectacle a tout bonnement été annulée. C’était la seule production en kabyle du théâtre de Tizi Ouzou depuis 2009.

Le 1er novembre 2010, le regretté Mohya Abdallah aurait eu 60 ans. A cette occasion, un hommage lui a été rendu à Paris au commerce d’alimentation générale qu’il a tenu pendant de nombreuses années au 2, rue d’Amboise, dans le deuxième arrondissement. (photo © Mahfoud Yanat)



Kateb Yacine évoque Mohia


- 5 - 7 décembre 2014, 6èmes Journées théâtrales en hommage à Mohia, Tizi Ouzou / Maison de la culture Mouloud-Mammeri

- 6 déc. : Moh Uperpuch de Mohia par le troupe du Théâtre régional Kateb Yacine de Tizi-Ouzou
- 7 déc. : Moh Uperpuch de Mohia par la troupe du Centre culturel d’Azazga
- 7 déc. : Conférence sur la vie et l’œuvre de Mohia, par MM Saïd Chemakh et Hacène Halouane (universitaires)


- 12 décembre 2011, Générale, Alger / Théâtre national algérien Mahieddine-Bachetarzi

Am-in yetsrajun Rabbi de Mohia
D’après En attendant Godot de Samuel Beckett
Mise en scène d’Ahmed Khoudi
avec Menad M’barek, Amar Zaouidi, Hocine Ait Guenni, Nacer Mouhaouche


- 1er novembre 2010, Hommage à Mohya, Paris, 2, rue Amboise, Paris 2e



Mohia, le plus célèbres des inconnus de Abderrahmane Lounès (Alger, Dar El Othmania, 2012)



"Mohya : D’une langue à l’autre", par Saïd Chemak (2004)


Entretien avec Mohia (Paris, 26 janvier 1985) paru dans Tafsut

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