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  Sid Ali Kouiret

Sid Ali Kouiret est décédé le 5 avril 2015, à Alger, à l’âge de 82 ans. L’acteur, qui a dû subir plusieurs interventions chirurgicales le mois dernier, souffrait d’un diabète. Il a été inhumé dès le lendemain au cimetière de Oued er-Romane.

Né en 1933 à Alger, Sid Ali Kouiret quitte très tôt les bancs de l’école et va, dès l’âge de 9 ans, multiplier les petits boulots comme cireur, travaillant pour les pêcheurs du port, n’hésitant pas à l’occasion, comme l’évoque son frère Mohamed, à pousser la chansonnette en reprenant des airs à succès de Farid el-Atrache.
C’est encore en ville que, devenu un jeune homme qui ne passe pas inaperçu, il fera la rencontre du comédien et ancien administrateur de la troupe arabe de l’Opéra d’Alger, Mustapha Kateb. Lorsqu’en 1958, ce dernier est mandaté pour créer une troupe artistique pour porter le drapeau de la lutte pour l’indépendance, Sid Ali Kouiret rejoint Tunis et intègre la fameuse troupe dite du FLN, composée de deux ensembles dramatique et lyrique, avec quelques 35 comédiens, chanteurs, musiciens, danseurs et techniciens. Jusqu’en 1962, cinq spectacles seront donnés à Tunis, Leningrad et Moscou, mais aussi au Maroc, en Libye et en Irak.

Parmi les productions de la troupe, Les Enfants de la Casbah de Abdelhalim Raïs, mise en scène par Mustapha Kateb, sera reprise à l’indépendance avec la création du Théâtre national. La pièce sera en outre adaptée à l’écran par Mustapha Badie sous le titre de Nos mères (1963). Ce sera le premier galop d’essai de Sid Ali Kouiret à l’écran.

Dans les années 1960, toujours sous la direction de Mustapha Kateb, il jouera notamment dans Les Enfants de la Casbah d’Abdelhalim Raïs (1963), Hassan Terro (1963) et El Bouaboune (Les Concierges) (1968) de Rachid Ayad dit Rouiched.

Mais c’est au cinéma, avec L’Opium et le bâton d’Ahmed Rachedi (1969) que Sid Ali Kouiret va littéralement crever l’écran aux côtés de Rouiched, Marie-José Nat et Jean-Louis Trintignant. L’Opium et le Bâton, qui est également l’un des premiers grands succès publics de la jeune cinématographie algérienne, achève d’imposer la figure de l’acteur.

Autdodidacte et instinctif, Sid Ali Kouiret aimait à dire en substance, je ne joue jamais, j’habite mes rôles. Dans les années 1970, il va s’illustrer dans Décembre (1971) et Chronique des années de braise (1974) de Mohammed Lakhdar-Hamina, Les Ambassadeurs du Tunisien Naceur Ktari (1975) ou encore Ech-Chebka (Les Pêcheurs) de Ghaouti Bendeddouche (1976).

Après deux coproductions algéro-égyptiennes, Le Retour de l’enfant prodigue de Youssef Chahine (1976) et Destins sanglants de Khaïri Bichara (1982), suivies notamment des Sacrifiés d’Okacha Touita (1982), il joue les premiers rôles dans La Famille Ramdam (1990), une sitcom de 40 épisodes relatant les aventures d’une famille d’origine algérienne en France. Imaginée par la société Vertigo de Aïssa Djabri et Farid Lahouassa, La Famille Ramdam a été coproduite et diffusée par la chaîne M6.

Au Théâtre national, dont il prendra sa retraite en 1987, on le reverra notamment dans Les Bas-Fonds (Ed-Dahaliz) de Maxime Gorki par Abdelkader Alloula (1982), Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller par Fouzia Aït El Hadj (1987) et lors de la reprise d’El Bouaboune (Les Concierges) de Rouiched (1991).

Distribué dans quelque 40 films et téléfilms, l’acteur est resté actif jusqu’au tournant 2010, jouant dans Les Suspects de Kamal Dehane (2003), Une médaille pour Hassan de Hadj Rahim (1986) ou Morituri de Okacha Touita (2007). Dans la mémoire collective, Sid Ali Kouiret représentera longtemps encore la figure de l’acteur populaire, enjoué et hâbleur. (Photo 1 : Sid Ali Kouiret, 1986, D.R. | Photo survolée : Sid Ali Kouiret dans Décembre de M. Lakhdar-Hamina, 1972)

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