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  Maintenant ils peuvent venir de Salem Brahimi

Au tournant 1990 en Algérie, dans une atmosphère de fin d’époque marquée par la victoire des islamistes aux élections municipales, puis aux législatives interrompues de 1991, prélude à une décennie de violence particulièrement barbare, les Algériens vont faire l’expérience de l’islamisme radical, de sa volonté de régenter la vie publique comme privée et d’un quotidien d’attentats, d’assassinats, puis de massacres collectifs, qui feront 200.000 morts. La littérature et le cinéma se sont efforcés d’interroger et de témoigner de l’énorme trauma de cette période baptisée "décennie noire".

C’est le cas avec Maintenant ils peuvent venir de Salem Brahimi, adapté du roman éponyme d’Arezki Mellal (Barzakh, 2000), dont l’auteur disait : "Ce roman parle du terrorisme et c’est un roman contre l’islamisme surtout." Mais le roman comme le film s’attachent surtout à la face intime de personnages devant l’irruption des semeurs de mort islamistes. Il y a là Noureddine (Amazigh Kateb) en butte à une mère malade et autoritaire (Farida Saboundji) qui veut le voir épouser Yasmina (Rachida Brakni). Au travail, Noureddine, qui est comptable dans une imprimerie, doit faire face à une période d’instabilité qui fait vaciller tout le pays. Et puis il y a les amitiés qui permettent de garder espoir dans une confrontation terrible que résume Arezki Mellal lorsqu’il ajoute : "Peut-être que la mort brutale et atroce, ce n’est rien par rapport à un quotidien qui use les gens, un quotidien sans perspective, qui les écrase. Peut-être qu’ils préfèrent côtoyer la vraie mort, visible, que cette mort lente qui vous bouffe tous les jours."

Dans un pays qui prend l’eau, face à l’escalade des intimidations et de la violence islamistes, le film montre les efforts de Noureddine et des siens pour garder pied, car, dans leur descente aux enfers, les protagonistes de Maintenant ils peuvent venir vont devoir apprendre à rester en vie et résister, seuls, à l’horreur d’une tragédie qui s’est joué à grande échelle dans le pays.
Un rappel salutaire en ces temps troublés par le terrorisme.



- 6 - 12 octobre 2016, 2e Festival du film méditerranéen d’Annaba
- 16 September 2016, Q&A with curator Rasha Salti, director Salem Brahimi and actress Rachida Brakni, London / Arab British Centre
- 27 - 30 avril 2016, Soirée de clôture, 16e Festival Cinémas du Sud, Lyon / Institut Louis-Lumière
- 11 - 17 avril 2016, présentation par Mustapha Laribi, journaliste, 11e Festival international du film oriental de Genève
- 8 - 13 March 2016, Kosmorama Trondheim International Film Festival (Norway)
- December 9 - 16, 2015, 12th Dubai International Film Festival
- 24 - 31 octobre 2015, en compétition, 37e Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier
- 10 - 20 September 2015, World Premiere, 40th Toronto International Film Festival


Maintenant ils peuvent venir (Now Let Them Come | ‬الآن بإمكانهم أن‮ ‬يأتو )
Un film de Salem Brahimi
D’après le roman d’Arezki Mellal
Scénario d’Arezki Mellal et Salem Brahimi
Avec Amazigh Kateb (Nouredine), Rachida Brakni (Yasmina), Farida Saboundji (La mère de Nouredine)
(95 min., Fr/Alg, 2015)
Prix spécial du jury du Festival de Dubai
Produit par KG productions

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