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  Robert Gironès

À son retour d’Algérie où il a été mobilisé durant la guerre, Robert Gironès (1942-2000) est entré à l’école du Théâtre national de Strasbourg en 1965. Le jeune metteur en scène fonde ensuite une compagnie et se fait remarquer avec Scènes de chasse en Bavière de Martin Sperr (1973).
À Lyon, Robert Gironès fait la rencontre de Jean Magnan dont il créera trois pièces : Et pourtant ce silence ne pouvait être vide (1979), un texte sombre autour de l’histoire des sœurs Papin, et Entendu des soupirs (1981), le soliloque d’une infirmière meurtrière.
La troisième, Algérie 54-62 (1991), se veut le témoignage d’un "acteur involontaire" de la guerre.
De cette pièce, Robert Gironès dira : "C’est un spectacle de la mémoire de cette guerre-là ressentie, vécue et appréhendée par chacun de nous différemment. Jean Magnan affirmait par exemple qu’il n’avait pas connu le fait de guerre en Algérie alors que pour moi c’était vraiment la guerre. Ce qui m’intéresse dans le spectacle, c’est, d’une part, la mise en évidence de ce rapport conflictuel constitutif de la mémoire, face à la guerre, et, d’autre part, la confrontation de cette mémoire avec le silence et le refoulement et la mauvaise conscience de la mémoire collective. [...]
Il n’y a pas une journée où je ne pense à cette guerre d’Algérie. Elle m’encombre la mémoire. Et donc, pour m’en désencombrer, je me sens obligé d’en parler aux autres. Parce que c’était vraiment une guerre et l’on n’a jamais, en France, osé l’avouer".
Robert Gironès est mort le 10 décembre 2000 à Paris d’un cancer. (Crédit Photo : Sabine Strosser)

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