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  Roberto Matta

Roberto Matta dont on dit souvent qu’il était le dernier peintre surréaliste s’est éteint le 23 novembre 2002 à Civitavecchia, près de Rome. Matta s’est toujours refusé à accorder des interviews et encore moins à être filmé. Proche de l’artiste - elle fut la compagne de son fils Gordon avant sa disparition en 1978-, la documentariste américaine Jane Crawford a réussi à convaincre Matta de laisser entrer une caméra dans son "univers personnel et créatif". Le résultat, Matta : The Eye of a Surrealist a été présenté en mars 2005 au Festival du Film sur l’Art de Montréal.
Avec des dessins, des projets architecturaux et une douzaine de tableaux, l’exposition de la galerie Daniel Malingue, au printemps 2004 à Paris, proposait de revenir sur le Matta de la première période, au contact du Groupe surréaliste dont il sera exclu en 1948 avant d’être réhabilité en 1959.

Diplômé d’architecture, Roberto Sebastián Antonio Matta Eschaurren, dit Roberto Matta, s’installe à Paris en 1934 et travaille notamment aux plans de la Ville radieuse, dans l’atelier de Le Corbusier. En Espagne l’année suivante, il fait la connaissance du poète Federico García Lorca qui le présente à Dali. De retour à Paris, il rencontre André Breton.

Ce peintre des rêves et des émotions qui garde un pied dans l’architecture, ce défricheur de nouveaux espaces et techniques exécute ses premiers dessins, puis ses premiers tableaux en 1938. Exilé aux Etats-Unis au début de la guerre, Matta se lie d’amitié avec Tanguy et Duchamp et réalise sa première exposition en 1940 à New York. Dans les années cinquante, certains tableaux sont résolument politiques et font référence au procès des époux Rosenberg (Les Roses sont belles, 1951), à l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie (La Question Djamila, 1957) en passant par la répression dans l’Espagne de Franco (Les Puissances du désordre, 1964) et la guerre du Vietnam (Burn, Baby Burn, 1965-66).
La Question Djamila a été montré à la deuxième Documenta de Kassel en 1959, puis à Eindhoven, Baden Baden, Londres et Paris. En 1964, c’est au tour du Musée de Darmstadt de le présenter en même temps que Les Roses sont belles. Voir aussi

Né en 1911 à Santiago du Chili, l’artiste n’y est plus retourné à partir de 1973, année du coup d’Etat du Général Pinochet. A la nouvelle de sa mort et après une grande retrospective dans sa ville natale deux ans auparavant, le président Ricardo Lagos a décrété trois jours de deuil national pour honorer la mémoire de l’enfant du pays.
Avec Si Cuba, si Argelia tambien (Huile, 200 x 284), offert en 1964 à l’Algérie indépendante, l’oeuvre de Roberto Matta est représentée au Musée national des Beaux-Arts d’Alger. (Photo, "Si Cuba, si Argelia tambien", Huile, 200 x 284, Coll. MNBA, Alger)



28 avril - 1er juin 2008, "Les artistes internationaux et la révolution algérienne", Alger / Musée national d’art moderne et contemporain (Mama), 25, rue Larbi Ben M’Hidi, Alger, Entrée libre

-  10 - 20 mars 2005, 23è Festival international du Film sur l’Art (FIFA) de Montréal
-  18 février - 7 avril 2005, "Des artistes pour novembre", Galerie 54 / La Citadelle d’Alger
-  19 mai - 16 juillet 2004, "Matta 1936-1944 : début d’un nouveau monde", Galerie Daniel Malingue, 26, avenue Matignon, Paris 8è, Tel. : 01 42 66 60 33



Lire : Matta
Par Paul Haim
(Paris, Séguier, 2001)

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