Abderahmane Amrani (1926, Alger - 1980, id.) s’est fait connaître sous le nom de Dahmane El Harrachi, en souvenir du quartier populaire d’El Harrach où il a grandi et aussi, rapporte Hachlef*, pour ne pas embarrasser son père qui officiait comme muezzin à la Grande mosquée d’Alger.
Après l’école et divers petits métiers, il est recruté comme receveur de tramway. À la même époque, il s’adonne à la musique en travaillant auprès des maîtres El Hadj Menouar et Khlifa Belkacem. Quittant l’Algérie pour la France en 1949, il réside tour à tour à Lille, Marseille, Lyon et Metz, avant de s’établir à Paris.
C’est là, dans les cafés de l’émigration algérienne qu’il réalisera l’essentiel de sa carrière d’auteur, compositeur et interprète de chaabi. Le 31 août 1980, Dahmane El Harrachi décédait dans un accident de voiture sur la corniche algéroise.
On doit à la reprise de Ya Rayah (L’Exilé) par Rachid Taha, la redécouverte de cet artiste et la conquête d’un nouveau public pour ce qui est devenu un tube international. Depuis une décennie, c’est en outre son fils Kamel qui a repris le nom d’El Harrachi pour perpétuer sa mémoire avec une belle maîtrise instrumentale au mandole.
Discographie
Dahmane El-Harrachi
(Club du disque arabe, 4 Vol.)
Ya Dzaïr
(Blue Silver/Mélodie)
*Anthologie de la musique arabe (1906-1960) de Ahmed et Mohammed el-Habib Hachlef (Paris, Centre Culturel Algérien / Publisud, 1993)