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  Assia Djebar

Du 23 au 30 juin, en présence de l’auteur, l’oeuvre d’Assia Djebar fera l’objet d’un colloque international à Cerisy sous la direction de Wolfgang Asholt, Mireille Calle-Gruber et Dominique Combe.
Le 7 juin, France Culture proposait une émission consacrée à Assia Djebar, enregistrée en public et en présence de l’auteur lors de la soirée de clôture du Festival "Textes & Voix", en février à Paris. Marie-Christine Barrault et Nicolas Pignon ont lu des fragments en particulier de son dernier livre Nulle part dans la maison de mon père et de La Disparition de la langue française.

Entre récit autobiographique et pèlerinage dans la mémoire, composé de fragments chronologiques, "Nulle part dans la maison de mon père" est paru le 31 octobre chez Fayard.

Le 25 août dernier, le Centre François Mauriac de Malagar a accueilli l’écrivaine à la faveur d’une rencontre et de Correspondances retrouvées, une création originale à partir de ses propres textes sur une musique de Jean-Jacques Quesada. Correspondances retrouvées a auparavant été donnée à Bordeaux en 2003, puis à Oran et Alger en 2004.

Durant le mois de mars, France 5 a diffusé Assia Djebar, la soif d’écrire, un portrait - documentaire signé Frédéric Mitterrand et Virginie Oks. De l’Algérie natale à New York où elle enseigne aujourd’hui en passant par l’Allemagne qui l’a honorée à plusieurs reprises, le film revient sur le parcours de l’écrivaine, de son initiation à la littérature à son admission à l’Académie française.

Oran langue morte, son recueil de nouvelles, conte et récit est paru en novembre 2006 aux Etats-Unis sous le titre de The Tongue’s Blood Doesn’t Run Dry, lequel reprend, "Le sang ne sèche pas, simplement il s’éteint", une citation tirée de Vaste est la prison qui figure dans l’intitulé de la postface à l’édition française (Actes Sud, 1997).

En octobre précédent, tout comme le poète Syro - Libanais Adonis, le Tchèque Milan Kundera, l’Américaine Joyce Carol Oates, la Britannique Doris Lessing ou le Japonais Haruki Murakami, l’écrivaine algérienne comptait une nouvelle fois parmi les nominés pour le prix Nobel de Littérature qui a finalement été attribué à l’écrivain turc à succès Orhan Pamuk.

Assia Djebar a été reçue le 22 juin 2006 sous la coupole de l’Académie française. Evoquant son élection de l’année précédente, elle dit avoir eu le sentiment "presque physique" que les portes de la vénérable institution du Quai Conti "ne s’ouvraient pas pour moi seule, ni pour mes seuls livres, mais pour les ombres encore vives de mes confrères - écrivains, journalistes, intellectuels, femmes et hommes d’Algérie qui, dans la décennie quatre-vingt-dix ont payé de leur vie le fait d’écrire, d’exposer leurs idées ou tout simplement d’enseigner... en langue française." Une langue française dont elle dit qu’elle est, "lieu de creusement de mon travail, espace de ma méditation ou de ma rêverie, cible de mon utopie peut-être...". Après avoir rappelé que "le colonialisme vécu au jour le jour par nos ancêtres, sur quatre générations au moins, a été une immense plaie !", Assia Djebar a conclu son discours de réception sous la coupole de l’Académie sur "un vœu de « shefa’ »" (guérison), "car mon français, dira-t-elle, doublé par le velours, mais aussi les épines des langues autrefois occultées, cicatrisera peut-être mes blessures mémorielles."

Une nouvelle édition d’Ombre sultane est parue en février 2006 aux éditions Albin Michel. Durant le mois de novembre, Les Enfants du nouveau monde, le troisième roman d’Assia Djebar paru en 1962, qui met en lumière les histoires et les questionnements d’une galerie de personnages féminins au coeur de la guerre d’indépendance, a été publié en anglais sous le titre de Children of the New World.

Avec un jury composé notamment de Tahar Ben Jelloun (Maroc), Björn Larsson (Suède), Predrag Matvejević (Croatie) et de Luis Sepúlveda (Chili), la 25è édition du prix Grinzane Cavour pour la Littérature, destiné à honorer "des auteurs italiens et étrangers qui ont consacré leur vie à la littérature", a vu récompenser Assia Djebar du prix de la Fondazione CRT pour la Lecture. Cette distinction lui a été remise lors d’une cérémonie à Turin, en présence d’une vingtaine d’écrivaines réunies à la faveur d’une table ronde intitulée "Ecriture dévoilée, paroles et femmes du Maghreb à l’Iran".
Le 29 juin 2005, l’écrivaine a en outre été nommée docteur honoris causa de la section Langues et Littérature de l’université d’Osnabrück.

Deux semaines auparavant, elle était élue, au 2è tour du scrutin, au fauteuil n° 5 de l’Académie Française. La prestigieuse institution devait élire un successeur au fauteuil vacant du juriste Georges Vedel, disparu en 2002, pour lequel Assia Djebar s’était portée candidate. Lors de la séance du 16 juin, sur trente deux votants, les voix obtenues se répartissaient comme suit : Assia Djebar (14, puis 16 voix), Dominique Fernandez (9, 11 voix), Michel Tack (aucune voix), bulletins blancs (4, 2), bulletins blancs marqués d’une croix (5, 3).

L’écrivaine algérienne devenait ainsi la première personnalité maghrébine a être admise, parmi les 40 "Immortels", sous la coupole de l’Académie française créée en 1635. C’est aussi la cinquième femme à y siéger depuis l’élection de Marguerite Yourcenar en 1981 et la seconde personnalité africaine après Léopold Sédar Senghor en 1983. La nouvelle académicienne s’est déclarée "contente" de son élection, "pour la reconnaissance que cela implique pour la littérature francophone de tous les autres pays, y compris évidemment du Maghreb, [...] mais aussi de tous les pays africains". Elle avait alors confié son espoir que cela encouragerait en retour la traduction en arabe d’auteurs francophones en Algérie, au Maroc et en Tunisie.

En 2004 en Italie, après Antonio Tabucchi en 2001, suivi d’Amin Maalouf et de Vassilis Vassilikos, en 2002 et 2003, la dixième édition de Dedica a été consacrée à Assia Djebar. On y a notamment vu projeter l’un de ses deux films, La Nouba des femmes du mont Chenoua, qui fut primé à Venise en 1979. A cette occasion, Assia Djebar a invité Cheikha Rimitti pour un concert.
Ce fut ensuite au tour de la prestigieuse messe du livre de Francfort de lancer une invitation à quelque deux cent auteurs du monde arabe, dont l’Egyptien Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature 1988 qui ne pouvait se déplacer, le Palestinien Mahmoud Darwish, le Libano-Syrien Adonis et l’Algérienne Assia Djebar. Lors de l’édition 2000, l’écrivaine s’était déjà vue décerner le "Friedenspreis des Deutschen Buchhandels" (prix de la Paix) attribué par les éditeurs et les libraires allemands pour une oeuvre littéraire qui plaide "en faveur des femmes des sociétés musulmanes".
Toujours en 2004, Assia Djebar a été citée pour le prix Nobel de littérature aux côtés de l’Américaine Joyce Carol Oates et de la Danoise Inger Christensen.

Auteur prolifique (romans, poésie, nouvelles, essais, théâtre) et réalisatrice, née Fatma-Zohra Imalhayene en 1936 à Cherchell, Assia Djebar est la plus célèbre écrivaine algérienne de langue française. Son oeuvre interroge l’histoire et des destins de femmes dans les sociétés musulmanes.
Après le collège à Blida et le lycée à Alger et Paris, elle est la première étudiante musulmane à entrer à l’École normale supérieure de Sèvres. Elle suit le mot d’ordre de grève des étudiants algériens de 1956 et entame une carrière littéraire inaugurée avec La Soif (1957) et Les Impatients (1958). Contrainte à quitter l’École de Sèvres en 1958, elle se marie et se réfugie à Tunis où elle travaille en qualité de journaliste, puis, à la faveur d’un D.E.S. en Histoire, de professeur à Rabat et Alger. 1962 voit publier Les Enfants du nouveau monde où Assia Djebar éclaire déjà, à sa façon, la présence des femmes dans la guerre d’indépendance.
En 1965, elle quitte une nouvelle fois l’Algérie pour la France où parait Les Allouettes naïves en 1967. De 1974 à 1980, Assia Djebar retourne enseigner la littérature française et la sémiologie du cinéma à l’Université d’Alger. Durant cette période où elle s’arrête de publier, elle se met à l’étude de la langue arabe et réalise deux films.

A nouveau à Paris où elle s’est établie depuis 1980, elle publie Femmes d’Alger dans leur appartement. Son doctorat ès lettres entrepris à l’université Paul Valéry de Montpellier lui ouvre les portes d’une carrière universitaire poursuivie aux Etats-Unis. De 1997 à 2001, Assia Djebar a dirigé le Centre d’études françaises et francophones de la Louisiana State University. Elle enseigne aujourd’hui à la New York University.

Traduite dans une vingtaine de langues, la romancière a été primée à plusieurs reprises en Belgique, aux Etats-Unis, en Italie, au Canada, en France et en Allemagne. Assia Djebar est notamment lauréate du prix Maurice Maeterlinck (Bruxelles, 1995), du Literary Neustadt Prize (USA, 1996) pour sa contribution à la littérature mondiale, du Marguerite Yourcenar Prize for Literature (USA, 1997) pour Oran, langue morte et du prix de Palmi (Italie, 1998).
Docteur honoris causa des Universités de Vienne (1995), de Concordia (Montréal, 2000) et plus récemment d’Osnabrück (2005), elle était élue en 1999 à l’Académie royale de Belgique, au siège de Julien Green, avant d’être nommée Commandeur des Arts et des Lettres en France, en 2001, et de recevoir la Grande médaille (Vermeil) de la Francophonie décernée par l’Académie française. (photo D. R.)



23 - 30 juin 2008, "Colloque Assia Djebar, littérature et transmission", Centre culturel international de Cerisy la Salle, Le Château, 50210 Cerisy la Salle

-  14 juin 2008, Lecture de fragments de Nulle part dans la maison de mon père d’Assia Djebar par Marie-Christine Barrault, Toulouse / Le Marathon des Mots / Théâtre Sorano
-  9 juin 2008, Rencontres "Ecrire, écrire, pourquoi ?", Invitée : Assia Djebar, Entretien avec Florence Noiville (écrivain et critique littéraire au journal Le Monde), Paris / Centre Pompidou / Bibliothèque publique d’information
-  7 juin 2008 à 20h, Marie-Christine Barrault et Nicolas Pignon lisent des extraits d’Assia Djebar, Enregistré le 11 février à la Maison des Cultures du Monde, dans le cadre du Festival "Textes & Voix", Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd, France-Culture
-  5, 12 et 19 mars 2008, Cycle Assia Djebar en présence de l’auteur, avec Mireille Calle-Gruber (professeur de littérature à l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle) et Bruno Blanckeman (professeur de littérature contemporaine à l’Université de Rennes II), Nantes / Le Lieu Unique
-  11 février 2008, "Assia Djebar, Nulle part dans la maison de mon père et autres textes", Lecture de Marie-Christine Barrault et Nicolas Pignon, Clôture du Festival Textes & Voix [5-11 février à Paris], Paris / Maison des Cultures du Monde, 101, boulevard Raspail, Paris 6è, Tel. : 01 45 44 72 30
-  22 novembre 2007, "Les dangers intimes de l’écriture francophone" (conférence), Centre d’études de la France et du monde francophone de l’Université de Toronto
-  25 août 2007, Malagar / Centre François Mauriac
> "Rencontre avec Assia Djebar de l’Académie française"
> "Correspondances retrouvées", création de Jean-jacques Quesada, Textes extraits de L’amour, la fantasia et Femmes d’Alger dans leur appartement, avec la comédienne Éléonore Briganti, Jean-Jacques Quesada (saxophone), Adel Chams El-Din (percussions), Sofiane Negra (oûd)
-  28 juin 2007, "Assia Djebar dialogue avec ses lecteurs", à l’initiative du Club de lecture Assia Djebar, Restaurant Le Zanzibar, 4 bis, avenue Jean-Aicard, Paris 11è, Tel : 01 48 06 46 07, | Club de lecture : contact Amel Chaouati, Tel. : 06 24 02 70 08, e-mail : assiadjebar_clubdelecture@yahoo.fr

-  7 - 10 juin 2007, Assia Djebar, Jonathan Safran Foer, Danielle Sallenave et Erri de Luca, 8è Rencontres européennes du Livre de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), organisées par le Centre André Malraux et la Villa Gillet
-  10 - 11 mai 2007, Colloque "Femmes écrivains à la croisée des langues" (1700-2000) | Women writers at the crossroads of languages (1700-2000), Université de Genève (Suisse) | University of Geneva (Switzerland)
-  22 février 2007, Colloque "L’avenir du Livre", En présence d’Assia Djebar, Marc Fumaroli, Alain Mabanckou..., Institut d’études politiques, Amphithéâtre Emile-Boutmy, 27, rue Saint-Guillaume, Paris 7è
-  21 février 2007, Journée internationale de la langue maternelle : "Une mère à écrire" (en langue française), Rencontre - débat avec Assia Djebar, animée par Mireille Calle-Gruber, écrivain et critique, professeur à l’université de Paris III, Paris / Maison de l’UNESCO, Salle XII

-  12 décembre 2006, "Assia Djebar : un écrivain algérien élu à l’Académie Française", Conférence par Evelyne Caduc, Professeur émérite de littérature française à l’Université de Nice Sophia Antipolis, Nice / Centre Universitaire Méditerranéen
-  18 novembre 2006, "En mon pays suis en terre lointaine", Michael Ondaatje, Assia Djebar, Boris Diop, Edwige Danticat, Fatou Diome, dialoguent avec Toni Morrison, Paris / Musée du Louvre / Auditorium
-  April 14 - 15, 2006, International conference "Empire Lost : France and its Other Worlds", Stanford University (CA, USA)
-  30 janvier - 3 février 2006, Assia Djebar avec Laure Adler, Emission "A voix nue" de 17h à 17h30 sur France Culture
-  19 - 21 gennaio 2006, XXV edizione del Premio Grinzane Cavour, Torino
-  29 Juni 2005, "Lesung mit Assia Djebar" (In französischer und deutscher Sprache), Osnabrück / Afrika Festival, Thalia Buchhaus, Große Straße 63-64, 40074 Osnabrück
-  27 mai 2005, Le Marathon des Mots, Toulouse / Théâtre Sorano
-  7 marzo 2005, Vasta è la prigione (Vaste est la prison) d’Assia Djebar, Teatro Mercadante, Piazza Municipio, Napoli
-  6 - 10 Oktober 2004, Frankfurt Book Fair, invité d’honneur : le Monde arabe
-  6 - 20 marzo 2004, Pordenone (Ita) / 10è "Dédica"
-  6 - 17 September 2002, Internationale Literaturfestival Berlin



Parutions :

"Nulle part dans la maison de mon père"
d’Assia Djebar
(Paris, Fayard, 2007)
Parution : 31 octobre

-  The Tongue’s Blood Doesn’t Run Dry (stories)
Translated by Tegan Raleigh
(New York, Seven Stories Press, November 2006)
-  Ombre sultane (Nouvelle édition)
(Paris, Albin Michel, février 2006)
-  Children of the New World (Les Enfants du nouveau monde)
Translated by Marjolijn de Jager
Afterword by Clarisse Zimra
(New York, The Feminist Press, November 2005)



Cinéma et télévision

* La Nouba des femmes du Mont Chenoua
Un film d’Assia Djebar
(112 min., Alg, 1978)
Prix de la Critique internationale, Biennale de Venise 1979
-  27 February 2008, "The Nouba of the Women of Mount Chenoua", London / Ciné Lumière / French Institute, "Women’s Cinema from Tangiers to Tehran"
-  22 February 2008, "The Nouba of the Women of Mount Chenoua" by Assia Djebar, Cambridge Picturehouse, 38-39 St Andrew’s Street, Cambridge, CB2 3AR, Tel : 0871 704 2050, "Women’s Cinema from Tangiers to Tehran"
-  28 mars 2006, Projection de La Nouba des femmes du Mont Chenoua*, 9 billards, 179, rue Saint Maur, Paris 10è, organisée par le Club de lecture Assia Djebar "clubdelecture@yahoo.fr"

* Assia Djebar, la soif d’écrire
(Doc., 52 min., Fr, 2006)
Un film de Frédéric Mitterrand et Virginie Oks
-  1ère Diff. TV : 13 mars 2007 à 21h40, 22 mars à 23h35 sur France 5

* Nomade entre les langues
Un reportage de Brigitte Kleine
-  Diff. : 2 octobre 2004 à 23h35, 3/10 à 17h50 sur Arte - Metropolis

* "Double Je", une émission de Bernard Pivot, en compagnie d’Assia Djebar, Salvatore Adamo et Andrzej Seweryn
-  23 octobre 2003 à 23h05 sur France 2
-  Rediff. : 30 octobre à 22h25 sur TV 5



Sur le Web

-  Assia Djebar, le Site

-  Discours de réception à l’Académie française
-  Le Site de l’Académie française
-  Le Site de Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique

-  Sur le Site de Canal Académie

Lire aussi
La Femme sans sépulture
La Disparition de la langue française
Vasta è la prigione
Assia Djebar, nomade entre les murs
Bibliographie d’Assia Djebar
Figlie di Ismaele, nel vento, nella tempesta
Nulle part dans la maison de mon père d’Assia Djebar
Femmes d’Alger dans leur appartement
Ces voix qui m’assiègent


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