Après le Cork Film Festival 2007 en Irlande, en présence du cinéaste algérien, c’était au tour du Festival du Film du Caire de lui rendre hommage avec la projection de Chroniques des années de braise. Durant les mois d’octobre et novembre à New York, Chroniques des années de braise (Chronicle of the Year of Embers) de Mohamed Lakhdar-Hamina, mais aussi Omar Gatlato et Bab el-Oued City de Merzak Allouache, Une femme pour mon fils (A Wife for My Son) d’Ali Ghanem et Vivre au paradis (Living in Paradise) de Bourlem Guerdjou ont été présentés lors de projections - débats à la City University of New York (CUNY) via le CUNY TV Canal 75, une chaîne du câble desservant les cinq arrondissements de la ville.
Cette série de cinq films a auparavant été montrée en avril sous l’intitulé de "Algeria Through Its Own Eyes" (L’Algérie par ses propres yeux).
Cannes 2003 avait déjà vu projeter une version remasterisée de Chronique des années de braise, précédée de la montée des marches du cinéaste lauréat de la Palme d’or. La 60è édition du Festival lui a rendu un nouvel hommage, lors d’une "Journée Algérie" (24 mai).
En mars dernier, c’est l’Institut du Monde Arabe à Paris qui proposait un cycle de projections en hommage au cinéaste. Vingt ans après son dernier long-métrage, Mohamed Lakhdar-Hamina est surtout resté dans les annales comme le seul Africain et Arabe qui ait été couronné par une Palme d’or au Festival de Cannes. C’était en 1975 avec Chronique des années de braise, une vaste fresque aux accents épiques dédiée à la terre algérienne.
Dix ans auparavant, Le Vent des Aurès était déjà récompensé du Prix de la Première œuvre à Cannes. Dans ce film, une mère erre de camps de détention en casernements de l’armée française à la recherche de son fils arrêté. Avec cette fiction qui emprunte son thème à la vie de son propre père, le cinéaste signait une œuvre au réalisme poignant, traversée par l’interprétation de Keltoum. Ce premier long métrage sera suivi de Hassen Terro, une comédie qui déplace les foules et fait la part belle à Rouiched dans le rôle d’un héro malgré lui.
Dans Décembre (1971) ensuite, Sid-Ali Kouiret tient tête à Michel Auclair dans le rôle de l’officier français qui le soumet à la question et s’interroge. De retour en Algérie, où il est nommé directeur de l’Office pour le Commerce et l’Industrie Cinématographiques (ONCIC) en 1981, Mohamed Lakhdar-Hamina tourne Vent de sable, une ode dédiée aux femmes. Le film était en sélection officielle à Cannes.
Avec La Dernière image enfin, qui est à ce jour son dernier long-métrage tourné en 1986, il revient à son histoire personnelle à travers l’arrivée d’une jeune institutrice française dans un village algérien, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.
Né en 1934 à M’Sila, le jeune Lakhdar-Hamina a poursuivi une scolarité remuante en Algérie et en France, avant d’être incorporé dans les rangs de l’armée française, de déserter et de gagner Tunis en 1958. Après un stage aux actualités tunisiennes, il poursuit l’année suivante à l’institut du cinéma de Prague où il se forme à la prise de vues. A son retour à Tunis, il rejoint le Service Cinéma créé en juillet 1960 par le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) sous l’autorité de M’Hamed Yazid.
Pour préparer le débat sur la question algérienne à l’ONU en 1959, le ministère de l’Information du GPRA produit Djazaïrouna (Notre Algérie, 1960-61), un film de montage destiné à éclairer la communauté internationale sur les objectifs poursuivis par les maquisards algériens. Djazaïrouna mêle des images de René Vautier (Une nation l’Algérie, 1955 | Algérie en flammes 1954-58) et de Djamel Chanderli, prises au maquis. Sa réalisation fut confiée à Djamel Chanderli, Mohamed Lakhdar Hamina et le Dr Pierre Chaulet. Yasmina (1961) ensuite, raconte l’histoire de la petite Yasmina, de sa fuite après le bombardement de son village, de son errance avec sa poule jusqu’à la frontière et de sa vie parmi les réfugiés. Le film est de Djamel Chanderli et Mohammed Lakhdar-Hamina qui en signe la photographie.
Avec Djamel Chanderli, Mohammed Lakhdar-Hamina tournera encore La Voix du peuple (1961) et Les Fusils de la liberté (1961). A l’indépendance et outre plusieurs documentaires, il réalise en particulier Le Temps d’une image (1964), sa première fiction. De fin 1963 à 1974, il est directeur de l’Office des Actualités Algériennes (OAA) qui produit des actualités hebdomadaires et tous ses films de cette période.
27th Novembre - 7th December 2007, "Tribute to Mohammed Lakhdar-Hamina " : Chronicle of the Year of Embers (Chronique des années de braise), 31st Cairo International Film Festival
14 & 20 October 2007, Chronicle of the Year of Embers (Chronique des années de braise), New York / City Cinematheque / Cuny TV
14 - 21 October, 2007, Chronicle of the Year of Embers (Chronique des années de braise), Cork Film Festival (Ireland)
28 juillet - 3 août 2007, "Hommage à Mohamed Lakhdar-Hamina", Oran / 1er Festival international du Film arabe
24 mai 2007, "Hommage à Mohamed Lakhdar-Hamina", 60è Festival international du Film de Cannes
3 April - 1 May 2007, ["Algeria Through Its Own Eyes"] (L’Algérie par ses propres yeux), New York / City Cinematheque / Cuny TV
11 - 25 mars 2007, "Hommage à Mohamed Lakhdar-Hamina", Paris / Institut du Monde Arabe
IMA | Programme :
11 mars 2007 : Le Vent des Aurès
11/03 : Hassan Terro
18/03 : Décembre
18/03 : Vent de sable
25/03 : La Dernière image
25/03 : Chroniques des années de braise
Mohamed Lakhdar-Hamina - le Site officiel