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  Rachid Bouchareb

Rachid Bouchareb figurait parmi les jurés du 61è Festival international du Film de Cannes, sous la présidence de l’acteur et cinéaste américain Sean Penn. Le 20 mai, le cinéaste franco-algérien s’est vu décerner les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur des mains de Claude Bébéar, ex-président du conseil de surveillance du groupe AXA. La cérémonie s’est logiquement déroulée en présence de Gilles Jacob, président du Festival, et de Sean Penn, président du Jury.

A l’issue du festival, Rachid Bouchareb était attendu à Londres pour le tournage de son premier film en langue anglaise avec Brenda Blethyn et Sotigui Kouyaté. Intitulé London River, le film conte l’histoire d’Ousmane, un musulman de France, et Madame Sommers, une chrétienne vivant en Grande-Bretagne. Après les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, ceux-ci vont partager le même espoir de retrouver leurs enfants disparus.
Le cinéaste a également annoncé son intention de tourner Hors la loi (Outside the Law), un second volet à Indigènes qui abordera la répression du 8 mai 1945 dans l’est algérien, Diên Bên Phu et la guerre d’Algérie.

Avec I Shot the Sheriff, en référence à l’un des premiers succès planétaires de Bob Marley, Rachid Bouchareb souhaite enfin, et depuis longtemps, tourner un biopic portant sur les premières années de l’icône du reggae, disparue en mai 1981 à l’âge de 36 ans. Pour le cinéaste, Bob Marley reste "la seule super star issue du tiers monde dont le discours et les textes engagés sont toujours très actuels". Et c’est l’acteur Jamie Foxx, oscarisé en 2005 pour son interprétation de Ray Charles dans Ray de Taylor Hackford, qui a été pressenti pour le rôle.

Cannes 2006 fut déjà l’occasion d’une double consécration pour Rachid Bouchareb qui présentait Indigènes et accompagnait Flandres de Bruno Dumont, deux films produits par la société qu’il a créée avec Jean Bréhat. En compétition pour la Palme d’Or, les deux films ont été respectivement récompensés du Prix d’interprétation masculine et du Grand Prix de la 59ème édition du Festival.

Aujourd’hui réalisateur, scénariste et producteur reconnu, né en 1953 à Paris de parents algériens et d’abord orienté vers un CAP de tourneur-fraiseur, Rachid Bouchareb confie avoir "grandi avec les pires difficultés". Il parvient à s’inscrire à une école de cinéma et réussit à faire ses classes à TF1 comme assistant, réalisant au passage plusieurs courts-métrages. Son film diplôme lui donne l’occasion de signer l’émouvant - et aujourd’hui improbable - Peut-être la mer (1983) qui met en scène deux enfants du nord de la France décidés à embarquer clandestinement sur un bateau pour l’Algérie.

Premier long-métrage remarqué, aux antipodes des idées reçues sur la banlieue, Bâton Rouge (1985) raconte les tribulations de trois jeunes chômeurs, dont deux "beurs", qui ambitionnent d’aller à Bâton Rouge en Louisiane ; un rêve entretenu par la chanson éponyme des Rolling Stones. Un emploi de nettoyage dans une entreprise de bureaux leur permet de subtiliser trois billets pour New York. Le film produit par feu Humbert Balsan est le récit de leur voyage vers la Louisiane, de leur séjour américain, jusqu’à leur expulsion par les services de l’immigration. À leur retour, leur regard sur eux-mêmes a changé.

Cheb (1991) ensuite prend prétexte du service militaire d’un jeune "beur" en Algérie pour aborder les préjugés nourris ici en particulier contre les femmes. Avec Poussières de vie, Rachid Bouchareb s’est penché sur le sort des enfants vietnamiens nés de liaisons entre GI’s et jeunes filles du pays. Tourné en Malaisie, le film a été nominé à l’Oscar du Film étranger à Hollywood. Pour Little Sénégal enfin, le cinéaste a planté sa caméra à New York dans le quartier du même nom pour interroger les relations entre les Africains et leurs lointains cousins afro-américains. Little Sénégal qui a bénéficié d’une très bonne presse a rassemblé 350.000 spectateurs en France.
Il y a lieu de souligner que Cheb, Poussières de vie et en partie Little Sénégal qui lui est dédié, ont été tournés avec le directeur de la photographie algérien Youcef Sahraoui, disparu en juillet 2001 d’un arrêt du cœur.

Réalisateur et scénariste, déjà présent à Cannes (section parallèle) avec Peut-être la mer et Cheb, Rachid Bouchareb est également producteur. Si Flandres de Bruno Dumont et Indigènes ont été produits respectivement par 3B et Tessalit, les deux films émanent néanmoins du même tandem de producteurs - fondateurs de 3B productions : Rachid Bouchareb et Jean Bréhat. Cette dernière société a été créée en 1989, avec Jean Bigot un troisième comparse qui s’est retiré depuis, pour produire Cheb. Outre les films de Rachid Bouchareb, 3B a produit une quinzaine de long métrages dont ceux de Bruno Dumont, Grand Prix et Prix d’interprétation à Cannes pour L’Humanité (1999), Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou (1998), West Beyrouth de Ziad Doueiri (1998) et plus récemment Gardien de buffles de Nghiem-Minh Nguyen-Vo (2004).

Film français coproduit par le Maroc, l’Algérie et la Belgique, avec un budget de quelque quinze millions d’euros, Indigènes rend à sa façon hommage aux combattants d’Afrique qui ont participé à la libération de la France et affirme l’identité française des enfants de l’immigration. (Photo D. R.)

-  30 septembre 2006 à 23h, 93, Faubourg Saint-Honoré de Thierry Ardisson sur Paris Première



Filmographie de Rachid Bouchareb :

-  Indigènes (Days of Glory)
(110 min., Fr/Mar/Alg/Bel, 2006)

-  L’Ami Y’a bon (The Colonial Friend)
(9 min., Fr/All, 2004)
-  Little Sénégal
(90 min., Fr, 2000)
-  L’Honneur de ma famille (My Family’s Honnor)
(85 min., Fr, 1997)

-  Poussières de vie (Dust of Life)
(90 min, Fr/Hong Kong/Bel/Alg, 1994)
Scénario de Rachid Bouchareb
D’après le roman de Duyen Anh
Avec Daniel Gyuant, Gilles Chitlaphone, Léon Outtrabady, Jehan Pages, Lam Siu Ling, Eric Nguyen
Sortie : le 18 janvier 1995
-  Diff. TV : 29 septembre 2006 à 22h20, 2 octobre à 20h45, 4/10 à 19h10, 5/10 à 14h50, 7/10 à 11h10, 10/10 à 15h10 sur CineCinema Auteur

-  Cheb
(82 min., Fr/Alg, 1991)
Scénario de Abdelkrim Bahloul et Rachid Bouchareb
Avec Mourad Bounaas (Merwan), Nozha Khouadra (Malika), Pierre-Loup Rajot (Ceccaldi)
Sortie : le 5 juin 1991
-  Diff. TV : 28 septembre 2006 à 22h05, 29/09 à 21h, 2 octobre à 22h10, 3/10 à 17h, 5/10 à 13h20, 9/10 à 10h10, 11/10 à 0h35 sur CineCinema Auteur

-  Bâton rouge
(90 min., Fr, 1985)
Scénario de Rachid Bouchareb et Jean-Pierre Ronssin

-  Peut-être la mer (Perhaps the Sea)
(15 min, Fr, 1982)
Scénario et réalisation de Rachid Bouchareb

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Indigènes de Rachid Bouchareb
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L’Honneur de ma famille


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