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  Festival panafricain d’Alger de William Klein

La seconde édition du Festival international gnawi d’Alger proposait un cycle de projections et l’occasion de (re)découvrir ce long métrage documentaire largement méconnu de William Klein. Tourné en juillet 1969 au plus près des artistes et des troupes d’un festival resté dans les annales, le film se nourrit d’archives des luttes d’indépendance et d’entretiens avec des représentants de mouvements de libération (MPLA, PAIGC, Frelimo, ANC), mais aussi d’écrivains et d’essayistes africains ou caribéens comme le poète haitien René Depestre ou le linguiste sénégalais Pathé Diagne. Festival panafricain d’Alger, qui donne à voir un impressionnant public d’hommes, de femmes et d’enfants curieux et enjoués, se termine par une séquence flamboyante avec Myriam Makeba, suivie par une improvisation du sextet d’Archie Shepp gagné par la fièvre de percussions et de ghaitas d’un ensemble de musiciens algériens. A voir absolument.

Outre une exposition de photographies, la 48è édition du Festival de films de Thessalonique (Grèce) présentait huit films de William Klein dont Who Are You, Polly Maggoo ? (Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, 1966), Mister Freedom (1967-68), Eldridge Cleaver The Black Panther (1969), Muhammad Ali : The Greatest (1974), In and Out of Fashion (1993) et The Messiah (Le Messie, 1999).
C’est durant le tournage de Festival panafricain d’Alger qu’est né le projet de réaliser un portrait de l’Américain Eldridge Cleaver, le dirigeant des Black Panther alors réfugié à Alger.

Jusqu’au 29 décembre 2007, une exposition lui était également consacrée à l’Artothèque de Grenoble. Celle-ci regroupait une trentaine d’images tirées des séries sur New-York, Tokyo, Rome, Paris et Moscou.

Fin 2005, l’exposition rétrospective William Klein, du Centre Pompidou à Paris, portait sur un demi-siècle du travail et sur les multiples facettes du célèbre photographe, cinéaste, graphiste et peintre. L’exposition confrontait les différentes formes de son art en rassemblant photographies anciennes et récentes, maquettes de livres, extraits de films, peintures, dessins et affiches. L’artiste au style aisément reconnaissable a étroitement collaboré à la scénographie et à l’orchestration de l’exposition où l’on pouvait voir ses fameux contacts peints, plastifiés et agrandis pour l’occasion, des images de mode, des travaux graphiques et des extraits de films. William Klein a aussi réalisé la maquette du catalogue.

Peintre, photographe, cinéaste, graphiste, promoteur d’un art de la libération qui fait de la ville le grand théâtre d’une création protéiforme, Klein s’est toujours évertué à mêler les genres et les supports. Etabli de longue date en France, ce fils d’immigrants juifs est né en 1928 à New York. C’est en 1947 que l’étudiant de sociologie qui voulait devenir peintre s’éprend de Paris où il effectue un premier séjour alors qu’il est mobilisé en Allemagne. William Klein entre ensuite dans l’atelier de Fernand Léger et réalise une première exposition à Milan et Bruxelles en 1951. "Fernand Léger m’a fait comprendre, dira Klein, que la peinture était anachronique, qu’elle engendrait des oeuvres ridiculement précieuses et chères. La photo me parut alors le meilleur moyen de restituer mon époque."

De retour à New York en 1954, il entreprend un journal photographique qui constituera la matière de son fameux livre en noir et blanc sur la ville. Dès le début, Klein a une approche très personnelle de la photo qui tourne résolument le dos aux conventions alors en vigueur. Photos décadrées, bougées, visages flous, têtes coupées, dont il rappelle qu’"il y a presque toujours quelqu’un qui regarde l’appareil". "Ce que les pros auraient jeté au panier, soutiendra-t-il, était pour moi un matériau excitant". Ne trouvant pas d’éditeur, c’est Chris Marker, alors directeur de collection aux éditions du Seuil qui décide de le publier.
C’est à cette époque qu’il signe un contrat avec le magazine Vogue auquel il collabore de 1955 à 1965. Il fait en outre la connaissance de Fellini qui prépare Les Nuits de Cabiria. À Rome, il réalise des photographies dont il fera un livre en 1957. Il publiera également un livre sur Tokyo (1962) et Moscou (1964).

En 1958, il réalise, Broadway by light, un film expérimental porteur d’une vision du monde devancière des peintures de Warhol, de Lichtenstein et du Pop Art. "Klein a cerné, estimait le critique Alain Jouffroy, tous les thèmes traités par la suite dans la perspective du Pop Art, du Nouveau Réalisme et de la Nouvelle Figuration".
À l’édition 1963 de la Photokina de Cologne, William Klein est désigné comme l’un des trente photographes les plus importants de l’histoire.

A partir de 1965, William Klein va se consacrer au cinéma. Outre Qui êtes-vous Polly Maggo (1967), dans lequel il dresse un portrait virulent du milieu de la mode, il collabore à Loin du Vietnam (1967), avec Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Joris Ivens, Claude Lelouch et Alain Resnais. Il poursuit l’année suivante avec une farce sanglante sur l’hégémonisme américain à travers Mister Freedom (1968) qui met en scène un justicier d’opérette.
Après Muhammad Ali the Greatest, entrepris à Miami en 1964 et bouclé dix ans plus tad à Kinshasa au Zaïre, avec le combat victorieux contre George Foreman, Klein tournera également The Little Richard Story en 1980. Ce que l’on sait moins, c’est qu’en juillet 1969, William Klein est allé filmer le 1er (et dernier) Festival panafricain d’Alger*. Dédié au continent africain, ce gigantesque événement, qui fait suite au Festival mondial des Arts nègres de Dakar en 1966, a été qualifié d’"opéra même du tiers-monde". À Alger devenue la "Mecque des révolutionnaires", pour reprendre le mot de feu Amilcar Cabral, Klein réalisera aussi un portrait d’Eldridge Cleaver**, le dirigeant des Black Panthers alors exilé à Alger.

William Klein est en outre l’auteur de plus de 200 films publicitaires (Dim, Citroën, Renault...). Revenu à la photographie dans les années 80, il se voit consacrer une exposition au Centre Pompidou en 1983. Dix ans plus tard, il publie Mode In and Out au Seuil (1994). Il expose et tourne Le Messie (1999), une charge anticléricale dans laquelle ses images viennent en contrepoint de l’oratorio de Haendel. En 2002, en marge de l’exposition "Paris + Klein", la Maison Européenne de la Photographie donnait à voir une rétrospective de quelque 30 courts, moyens et longs métrages documentaires et fictions. La rétrospective du Centre Pompidou proposait une sélection d’une dizaine de ces films.

-  15 décembre 2008, Festival panafricain d’Alger de William Klein, Alger / Riadh el-Feth / Filmathèque Mohamed Zinet
-  8 et 11 juillet 2008, Festival panafricain d’Alger de William Klein, Alger / Salle Ibn Zeydoun / 2è Festival international gnawi d’Alger
-  16 - 25 November 2007, Eldridge Cleaver in exile de William Klein, 48th International Thessaloniki Film Festival
-  16 mars 2007, Festival panafricain d’Alger de William Klein, Riadh el Feth / Filmatheque Mohamed Zinet, Ciné-club de l’association Chrysalide



14 novembre - 21 décembre 2008, Exposition : "Une place apparemment inoffensive", un choix de Régis Durand, parmi les photographies de la collection d’Isabelle Darrigrand, Nogent-sur Marne / Maison d’Art Bernard Anthonioz

-  16 novembre - 29 décembre 2007, Exposition William Klein, Artothèque Municipale de Grenoble, Centre commercial, 202 Grand’Place, 38100 Grenoble, Tel. : 04 38 12 46 20
-  7 décembre 2005 - 20 février 2006, "William Klein, Rétrospective", Centre Georges Pompidou Paris 4è
> Commissariat : Mnam / Cci - Quentin Bajac et Alain Sayag
Publication : "William Klein, Rétrospective"
Textes de Quentin Bajac, Alain Sayag et William Klein
(Coédition Centre G. Pompidou / Marval, 2005)


-  New York 1954-55
Photographies et texte de William Klein
(Rééd., Marval, 1999)

-  Paris + Klein
photographies et textes de William Klein
(Marval, 2002)

-  William Klein, Photopoche (Collectif)
(CNP, Coll. Photopoche, 1999)

-  William Klein Films
Photographies et illustrations de William Klein
Texte de Claire Clouzot
(Marval, 1998)

-  DVD Muhammad Ali The Greatest + Contacts + Grands soirs et petits matins + The French
films de William Klein
(Columbia Pictures, 2002)



*Le Festival culturel panafricain d’Alger
(35 mm, Coul., 112 min., Alg, 1969-72)
**Eldridge Cleaver in exile
(35 mm, Coul., 75 min., Alg, 1969)

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