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  Lounès Matoub

En forme d’hommage à la langue et à la culture berbères que Lounès Matoub s’est toujours efforcé de défendre et de préserver, le dixième anniversaire de sa disparition a été l’occasion d’une évocation amicale et fraternelle de l’artiste assassiné le 25 juin 1998, par un groupe armé dans des circonstances non encore élucidées, sur la route de son village près de Tizi Ouzou. A l’initiative de la Fondation Matoub Lounès et de nombre d’associations, des hommages lui ont été rendus un peu partout en Algérie et ailleurs.

Outre des expositions, des conférences débats et l’inauguration de stèles et de fresques annoncées, ici et là, à Bejaïa, El Kseur, Sidi Aich, Draa El-Mizan, Azazga, Mekla, Tizi Rached, Tizi Ouzou ou Alger, la Maison de la Culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a accueilli une journée d’étude consacrée à son œuvre poétique, une exposition, une pièce de théâtre, des projections et un concours de poésie. Il y a également été question de piratage de son oeuvre.

Le 25 juin 2008, dans son village de Taourirt-Moussa, un rassemblement a eu lieu avec prise de parole de sa famille, dépôt de gerbes de fleurs et waâda à sa mémoire.

Des hommages lui ont aussi été rendus en France, au Maroc, au Canada, en Grande Bretagne et en Australie. Paris a ainsi accueilli un rassemblement, avec diffusion de musique et projection sur grand écran d’images sur l’artiste. Après Saint Martin d’Hères, Vaulx en Velin, Aubervilliers et Pierrefitte, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, devait baptiser une rue de la capitale française du nom de Lounès Matoub dans le 19è arrondissement. Celle-ci est située entre le boulevard MacDonald et la rue Emile Bollaert, en bordure du square Claude Bernard, dans un quartier en pleine restructuration.
Ce devait être également le cas à Marseille et Nancy.

Né en 1956 à Taourirt-Moussa, Lounès Matoub s’est d’abord fait connaître en animant des fêtes familiales, avant d’enregistrer son premier tube "Ayizem" (Le lion). Il séjourne ensuite à Paris, devenue le passage obligé de la chanson kabyle. Produit par Azwaw, le label créé par Idir, son album Ahya Thilawin (Ah les femmes) connaît un énorme succès. Dès lors, Lounès Matoub va multiplier les enregistrements et les concerts, dans des salles comme dans des stades, devenant rapidement l’une des têtes d’affiche de la revendication culturelle berbère.

L’artiste, qui s’embarrassait peu de précautions oratoires pour clamer ses opinions, est grièvement blessé à un barrage de gendarmerie en 1988. Le 25 septembre 1994, il est victime d’un enlèvement attribué aux GIA. Sa libération au bout de deux semaines est consécutive à une impressionnante mobilisation populaire en Kabylie.

Chanteur, compositeur et parolier à succès, Lounès Matoub est l’auteur de plus d’une trentaine de disques et cassettes dans la tradition du chaâbi. À Paris, où il a régulièrement fait le plein au Palais des Congrès et au Zénith, il a publié Rebelle, un récit autobiographique paru en 1995. Malgré les risques encourus, il s’était résolu à rentrer en Algérie. Son assassinat a achevé d’en faire l’icône de la jeunesse de Kabylie.

Alors qu’il devait s’ouvrir le 9 juillet au tribunal criminel de Tizi-Ouzou, le procès des assassins présumés de Lounès Matoub a, une nouvelle fois, été reporté à une date indéterminée pour "complément d’information". (Photo D.R.)

-  10 juin - 5 juillet 2008, 10è anniversaire de l’assassinat de Lounès Matoub



Discographie sélective :

-  Sserhass ayadu
(Virgin-EMI, 2000)
-  Lettre ouverte aux...
(Virgin-EMI, 1998)
-  Au nom de tous les miens
(Créon/Mélodie, 1997)
-  La complainte de ma mère
(Créon/Mélodie, 1996)
-  Thissirth n’endama
(Créon/Mélodie, 1995)
-   Kenza (La famille qui avance)
(Créon/Mélodie, 1994)
-  L’ironie du sort
(Mélodie, 1989
-  Aurifur
(Mélodie, 1983)



Lire :

-  Lounes Matoub Revue Altermed, n° 2, juin 2008 (Paris, Ed. Non Lieu)
-  Matoub Lounès : Mon nom est combat (Anthologie)
Traduction de Yalla Seddiki
(Paris, La Découverte, 2003)
-  Pour l’amour d’un Rebelle
de Nadia Matoub
(Paris, Robert Laffont, 2000)
-  Matoub Lounes, mon frère
de Malika Matoub
(Paris, Albin Michel, 1999)
-  Le Rebelle
de Lounès Matoub
(Paris, Stock, 1995)

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