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  Tahar Djaout

Du 17 au 23 mai 2008, à l’initiative de l’association culturelle Tusna (le Savoir) de Aïn el-Hammam, un hommage a été rendu à la mémoire de Tahar Djaout assassiné il y a 15 ans. Entre conférences, expositions de livres, de peinture, de caricatures et récitals poétiques, la commémoration a eu lieu à la Maison de la Culture Mouloud Mammeri et à l’Université de Tizi Ouzou, en présence de l’écrivain Rachid Boudjedra, de Omar Belhouchet, directeur du journal El Watan, du journaliste Mohamed Balhi et du directeur de la Bibliothèque nationale et écrivain Amin Zaoui. Une cérémonie de recueillement était prévue sur la tombe du journaliste et homme de lettres, le 23 mai à 10h, dans son village natal d’Oulkhou (Azeffoun).

Le 2 juin 1993, après sept jours de coma profond, Tahar Djaout succombait à un attentat par balles, perpétré contre lui le 26 mai, devant son immeuble de Baïnem près d’Alger. Tahar Djaout ouvrait ainsi la longue liste des intellectuels, écrivains, artistes, journalistes et citoyens assassinés durant la décennie rouge en Algérie.

"Comment vêtir l’absence autrement que par les mots à la présenter corps ou cadavre ?", s’interrogeait l’écrivain dans L’Invention du désert. Quinze ans après son assassinat, le verbe du poète n’a rien perdu de sa superbe et nombre d’initiatives rendent régulièrement hommage à cette figure incontournable des lettres algériennes.

Né avec le déclenchement de la guerre d’indépendance, l’ancien étudiant en mathématiques, puis en sciences de l’information et de la communication à l’Université d’Alger, se considérait "avant tout comme un poète qui écrit aussi des romans". Et ses livres sont autant de balises dans sa prise de parole et le roman de sa propre vie.

Tahar Djaout a également exercé ses talents de chroniqueur littéraire, dans le quotidien El Moudjahid, puis, à partir des années 80, d’observateur avisé de la vie littéraire et artistique dans les colonnes de l’hebdomadaire Algérie-Actualité. En 1992, il participait à la fondation de l’hebdomadaire Ruptures dont il devait prendre la barre. C’est dans l’édition datée du 25 mai 1993 qu’est paru son fameux éditorial intitulé "La famille qui avance et la famille qui recule", lequel, dit-on, a signé son arrêt de mort.

Le poète qui clamait "J’entends monter de vous / La rumeur des fleuves / Et sourdre dans le sein / De vos squelettes têtus / Le refus de hisser / Le pavillon du silence" (Espoir) ; celui qui n’hésitait pas à écrire "Désormais / vos balles ne me font plus peur / et je vais à l’ombre de vos mitraillades / BOUFFER MA COLERE VEGETALE" (Solstice barbelé) a été fauché dans la fleur de l’âge. (photo © Anaïk Frantz | Le Seuil)

-  17 - 23 mai 2008, Maison de la Culture Mouloud Mammeri | Université de Tizi Ouzou | Maison de Jeunes de Aïn el-Hammam
> Par l’association Tusna de Aïn el-Hammam

-  19 - 23 septembre 2007, "Hommage à Tahar Djaout", 1er Salon international de la Poésie à Paris
-  6 novembre 2006, "Rencontre - Hommage à Tahar Djaout", 11è Salon international du Livre d’Alger / Stand de l’ANEP



Les Suspects
un film de Kamel Dehane
adapté des Vigiles de Tahar Djaout
(115 min., Bel/Fr/Alg, 2003)

Lire aussi
Bibliographie de Tahar Djaout


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