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Oscar Niemeyer |
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Début mars, la cité administrative Tancredo Neves a été inaugurée à Belo Horizonte dans l’Etat du Minas Gerais (300 km de Rio). Ce vaste complexe de plus de 800 000 m² est considéré comme l’un des projets les plus osés de l’architecte centenaire. Siège du gouvernement, le Palais Tiradentes devient ainsi le plus grand édifice en béton armé suspendu du monde. Haut de quatre étages, il mesure 147 mètres de long et est retenu par 1 080 câbles d’acier. Avec cette cité Tancredo Neves, qui porte à 14 le nombre d’édifices signés Oscar Niemeyer, Belo Horizonte supplante désormais la capitale Brasilia. Oscar Niemeyer a fêté, le 15 décembre dernier à Rio de Janeiro, son 102e anniversaire. Le célèbre architecte brésilien, qui recevait dans sa "Casa das Canoas" donnant sur la plage de Copacabana, a déclaré se rendre "tous les jours au bureau, même le samedi". Il a également profité de cette occasion pour présenter plusieurs projets en cours dont la rénovation du Sambodrome du Carnaval de Rio qui doit être achevée en 2011. Fin septembre, rapporte l’AFP, Niemeyer a été opéré successivement de la vésicule biliaire et d’une tumeur au colon. Il a quitté l’hôpital le 17 octobre après 24 jours d’hospitalisation. Toujours actif, Niemeyer a renoncé, l’an dernier, à la construction d’un gigantesque obélisque de 100 mètres sur l’Esplanade des ministères, au centre de Brasília, un projet auquel 70 % des habitants s’opposaient. L’architecte carioca a qui l’on doit le Sambodrome, cette avenue de 700 mètres bordée de tribunes pour accueillir les joutes du Carnaval de Rio, projette de rendre hommage à Brasília en créant un char pour le Carnaval 2010. Toujours au Brésil, la ville de Niteroi devrait bientôt disposer d’un centre culturel à la façade en verre au milieu des habitations précaires de la favela Palacio. Ce bâtiment de 600 m2 sur deux étages a été projeté gratuitement par l’architecte pour la mairie de la ville. Niemeyer a en outre été sollicité par la ville du Havre en France pour une opération de restructuration du Volcan, un équipement culturel dessiné par lui et inauguré en 1982. Le montant de l’opération est estimé à 15 millions d’euros. Parmi les chantiers en cours, l’atelier Niemeyer travaille enfin à un centre culturel dans la petite ville d’Avilés dans le nord de l’Espagne. D’un montant de 30 millions d’euros, l’ouvrage doit être inauguré en 2010 et portera le nom de... l’architecte visionnaire. Figure du modernisme brésilien et lauréat en 1988 du prestigieux Pritzker Prize, la plus haute récompense dans ce domaine, Oscar Niemeyer a envisagé quelque six cents projets dans le monde et en Algérie. Au printemps 2002, La Galerie du Jeu de paume à Paris proposait une promenade dans l’œuvre de l’architecte. Accompagnée d’un film* projeté en boucle, l’exposition montrait des dessins, photos et maquettes comme autant de balises dans le parcours de ce "sculpteur d’espace" amoureux de la courbe. Né en 1907, Oscar Niemeyer poursuit des études aux Beaux-Arts avant de faire la rencontre de l’urbaniste Lucio Costa (1902-1998) dont il rejoint l’agence en 1935. Il travaillera également avec Le Corbusier. Sa carrière s’accélère à Belo Horizonte en 1940 quand Juscelino Kubitschek, alors maire de la ville, le sollicite pour doter Pampulha d’une église, d’un casino (devenu musée d’art moderne), d’une salle de bal et d’un yacht-club autour d’un lac artificiel. Lorsque le même Kubitschek est élu président en 1955, le site de la nouvelle capitale est déjà choisi. Sur des plans de Lucio Costa, Niemeyer va être l’artisan de l’une des plus ambitieuses opérations d’urbanisme du XXè siècle : Brasilia (1956-1960). La ville est inaugurée au printemps 1960 et plus tard inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, même si son concepteur en regrette aujourd’hui l’anarchique croissance. Le nom de Niemeyer fera le tour du monde et avec lui l’architecte qui essaimera avec cinq cents projets où la technique "doit, selon lui, se plier aux exigences du rêve, élément moteur de toute création". Il signe ainsi des réalisations au Brésil, à Cuba, en France (siège du Parti Communiste français à Paris, Maison de la Culture du Havre...), en Italie (siège des Éditions Mondadori à Milan...), en Allemagne, au Portugal et en Algérie où il a séjourné et travaillé dans les années 1970. Oscar Niemeyer y a dessiné l’Université de Constantine (1969-1977) et le projet initial de celle de Bab ez-Zouar à Alger (1968-en cours). Il a également conçu le projet d’une mosquée sur l’eau, dans le port d’Alger, ainsi que d’un centre administratif. Dans ses Mémoires **, l’architecte évoque son aventure algérienne et Alger dont il dit "j’aimais cette ville accueillante, ses rues qui descendaient, tortueuses vers la mer. Ses criques et ses petites baies, ses plages de galets, la Méditerranée riche en légendes et mystères, les petites maisons blanches, presque aveugles, pour se protéger du vent. [...] Mais c’est à Constantine que j’ai laissé mon meilleur travail : l’université de Constantine. Je ne voulais pas faire une oeuvre courante, mais une université qui soit le reflet de la technique d’aujourd’hui." (Photo, Université de Constantine, Auditorium, D.R.)
Promenade virtuelle > Cité administrative Tancredo Neves d’Oscar Niemeyer [Détail de la structure > Palais Tiradentes, le plus grand édifice en béton armé suspendu du monde Vidéo > Un architecte engagé dans le siècle de Marc-Henri Wajnberg (Extrait 19:56)
Jusqu’au 31 mars 2002, Galerie nationale du Jeu de paume, Place de la Concorde, Paris 8è, Tel : 01 47 03 12 52 ; 9 - 24 février 2002, Siège du PCF, Place du Colonel Fabien, Paris 19è, Tel : 01 40 40 12 12
8 - 22 septembre 2002, "Esquisses et dessins ou la philosophie de l’architecture d’Oscar Niemeyer", Palais de la Culture Moufdi Zakaria, Alger
* Un architecte engagé dans le siècle, un film de Marc-Henri Wajnberg (Doc., 60 min., Fr, 2000)
Oscar Niemeyer - Maisons d’Alan Hess et Alan Weintraub (Arles, Actes Sud 2008) Oscar Niemeyer de Matthieu Salvaing (Paris, Assouline, 2001) ** Les Courbes du temps (Mémórias) d’Oscar Niemeyer, Traduit du brésilien par Henri Raillard (Paris, Gallimard, 1999)
Le Site de la Fondation Oscar Niemeyer |
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