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  Le Foot fait son Cinéma

En sept séances et quatorze projections, l’espace Confluences à Paris a concocté un festival autour du spectacle le plus populaire de la planète, le football, et de ses enjeux : célébrité, argent, politique, corruption, hooliganisme... Au chapitre des fictions, on pouvait notamment y (re)voir un sketch tiré des Monstres de Dino Risi (I Mostri, 1963), où feu Vittorio Gassman se laisse engloutir par sa folie du foot, ou encore un extrait de Pain et Chocolat (Pane e cioccolata, 1972) de Franco Brusati, dans lequel Nino Manfredi, teint en blond pour se faire passer pour un Suisse Allemand, trahit son origine italienne lorsque l’équipe de son cœur marque un but.

Au rayon documentaires, l’émouvant Pelé, Garrincha, dieux du Brésil de Jean Christophe Rosé (2002) dresse le portrait de ces deux figures historiques du football brésilien et mondial, dont le parcours commence durant la coupe du monde 1958. Un quart de siècle plus tard, "l’un sera ministre et millionnaire, l’autre meurt alcoolique comme écrasé par l’antique malédiction qui hante ses ancêtres indiens". Pour Allez l’OM de Vassili Silovoc (2004), les dirigeants de l’OM ont autorisé le réalisateur à suivre de bout en bout la saison 2003-2004 du club phocéen. Entre "tractations, transferts, marchandages plus ou moins honteux, pression des clubs de supporters", cette série documentaire lève un coin de voile sur la marchandisation des joueurs. Deux autres documentaires éclairent deux grands derbys politiques qui opposent régulièrement, d’une part, les équipes brésiliennes de Flamengo et Fluminese, et, d’autre part, le Real Madrid au FC Barcelone.

Dans The Final Kick (1994) enfin, un collectif de cinéastes tirent un portrait particulièrement édifiant de la dimension planétaire de la passion du foot. Le 17 juillet 1994, la finale du Mondial de Los Angeles opposait les équipes du Brésil et de l’Italie et s’est terminée par la victoire du Brésil aux tirs au but (3 à 2). A cette occasion, nos cinéastes ont choisi de filmer, en même temps que les temps forts de cette finale, les réactions des spectateurs aux quatre coins de la planète, d’un cloître de dominicains en République Tchèque au port de Sydney devant un écran géant, d’un bureau de parieurs en Jamaïque à un café de village dans le sultanat d’Oman, d’un marché aux poissons de Séoul à une prison à Minsk, en passant par une kermesse au Mozambique, une discothèque à Tokyo, un élevage de rennes en Laponie, une plage de Copacabana, un village de montagne thaïlandais...

Le football africain trouvait naturellement sa place dans cette programmation qui lui a réservé une soirée (10/12). Ce fut l’occasion de (re)découvrir Le Ballon d’or de Cheik Doukouré (1993) qui met en scène Bandian, un enfant de 12 ans, qui vit dans son village de cases entre école, travaux domestiques et surtout la passion du foot qui l’habite à plein temps. Car celui que ses copains appellent "le turbo de Makono" n’a qu’un rêve : devenir un grand footballeur. Le film est inspiré de la vie du Malien Salif Keita qui fut l’une des gloires de Saint Etienne et du football africain et qui tient ici le rôle de l’entraîneur.
Il y eut ensuite Échos des Stades d’Abdelkader Ensaad (1998), qui nous plonge au milieu des supporters de l’USMA d’Alger, des supporters constamment affairés à animer les matches, à écrire et déclamer des couplets et des chansons sur leur équipe, mais aussi sur leur mal-vie dans un pays qui ne leur fait pas de place ("Roma wa la n’touma"). Algérie : les crampons de la liberté de Véronique Taveau (1998) jette, pour sa part, un éclairage sur une face moins connue du football en Algérie, celui des femmes.

"Le Foot fait son Cinéma", ce furent aussi des moments de foot avec la Demi-finale France / Allemagne 1982 et la Finale de la coupe du monde France / Brésil 1998. A l’issue des projections et outre les réalisateurs Jean Christophe Rosé et Vassili Silovoc, on pouvait y croiser le propos avec des invités de marque comme les footballeurs Raymond Kopa, célèbre meneur de jeu de l’équipe de France des années 50, et Dominique Rocheteau qui fut le buteur de Saint Etienne de la grande époque, puis du PSG dont il détient toujours un record de 99 buts.



- 1er - 11 décembre 2005, Espace Confluences, Paris 20è

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