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  66e Festival de Cannes

Comme pressenti par un grand nombre de festivaliers dès sa projection à Cannes, le cinéaste Claude Lelouch estimant à son sujet que le film "a des parfums de cinéma de demain" (Le Figaro, 25 mai), La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche s’est finalement vu décerner la Palme d’or 2013 par le jury présidé par Steven Spielberg. Le cinéaste Franco-Tunisien a dédié sa palme "à la Révolution tunisienne, pour son aspiration à vivre librement, s’exprimer librement, et aimer librement".
Le Grand Prix a récompensé Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen, le prix de la mise en scène est allé à Heli du Mexicain Amat Escalante alors que celui du Jury a été remis à Tel père, tel fils du Japonais Hirokazu Kore-Eda et celui du scénario à A Touch of sin du Chinois Jia Zhangke. Le Passé d’Ashgar Farhadi, a pour sa part obtenu le prix d’interprétation féminine decerné à Bérénice Béjo pendant que Nebraska d’Alexander Payne recevait celui d’interprétation masculine pour la composition de Bruce Dern.

Sur 1 858 films visionnés, vingt longs métrages étaient en compétition pour la Palme d’or dont les très médiatiques Only God Forgives de Nicholas Winding Refn (Drive, prix de la mise en scène 2011) avec Ryan Gosling et Kristin Scott Thomas, Behind The Cendelabra le biopic de Steven Soderbergh avec Michael Douglas, dans le rôle d’un célèbre pianiste américain de music-hall, et Matt Damon dans celui de son jeune amant, Inside Llewyn Davis d’Ethan et Joel Coen, autour d’une figure de la musique folk de Greenwich Village dans le New York des Sixties et The Immigrant de James Gray avec Marion Cotillard et Joaquim Phoenix. Parmi les prétendants à la Palme d’or, il y avait lieu de se réjouir des projections très applaudies de La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (d’après Blue, la bande dessinée de Julie Maroh) avec Léa Seydoux dans le rôle d’Emma, une jeune lesbienne aux cheveux bleus qui fait battre le cœur de Clémentine, et du Passé de l’Iranien Asghar Farhadi (Une séparation) avec Tahar Rahim (Ahmad) et Bérénice Bejo (Marie), un couple en plein divorce qui doit faire face aux fantômes du passé. Fraîchement accueilli pour sa part, Grigris du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun (Daratt, Un homme qui crie) met en scène un jeune homme à la jambe paralysée qui rêve d’une carrière de danseur professionnel mais doit se résoudre à devenir trafiquant d’essence

Dans la sélection "Un certain regard" qui s’est ouverte avec The Bling Ring de Sofia Coppola avec Emma Watson et clôturée avec As I Lay Diying de James Franco, le prix Un certain regard est allé à L’Image manquante du Cambodgien Rithy Panh et celui du jury à Omar du Palestinien Hany Abu-Assad.

Ouverte avec Le Congrès de l’Israélien Ari Folman (en compétition pour la Palme d’Or en 2008 pour Valse avec Bachir), la "Quinzaine des réalisateurs" présentait une vingtaine de films, dont sept premiers longs métrages, trois seconds films et pas moins de six films français en compétition.

Rappelons qu’à l’occasion des cent ans du cinéma indien, l’Inde était le pays invité de cette 66e édition. Outre la présence très médiatisée d’Amitabh Bachchan et d’Aishwarya Rai, une séance de gala a accueilli Bombay Talkies d’Anurag Kashyap, Dibakar Banerjee, Zoya Akhtar et Karan Johar.

Cannes 2013 s’est ouvert le 15 mai avec Gatsby le magnifique, la nouvelle version de Baz Luhrmann adaptée du chef d’œuvre de Francis Scott Fitzgerald, dont les passages des plus poignants ont été écrits à Saint-Raphaël pas très loin de Cannes. Tourné avec Leonardo DiCaprio (acclamé à l’ouverture du Festival) dans le rôle de Gatsby, le film a été projeté en 3D. Et c’est Zulu du Français Jérôme Salle (Largo Winch 1 et 2) qui fait la clôture. Adapté du roman de Caryl Férey (Ed. Gallimard) et tourné avec Forest Whitaker et Orlando Bloom, Zulu met en scène deux policiers, un Noir et un Blanc, qui enquêtent sur un meurtre dans une Afrique du Sud encore hantée par l’apartheid. (Sélection officielle hors compétition)

Parmi les séances spéciales hors compétition, notons également la sélection de Muhammad Ali’s Greatest Fight de Stephen Frears et Né quelque part de Mohamed Hamidi avec Jamel Debbouze.

Le jury du 66e Festival de Cannes était présidé par Steven Spielberg. Spielberg, dont Thierry Frémaux le délégué général du Festival, estimait que "ses films mais aussi son engagement tous azimuts font de lui, année après année, l’égal des plus grands cinéastes d’Hollywood". De son côté, le cinéaste s’est dit fier de "présider le jury d’un festival qui ne cesse de prouver, inlassablement, que le cinéma est le langage du monde" et aussi de "continuer à affirmer que le cinéma est un art qui transcende les cultures et les générations".
Steven Spielberg était à Cannes en 1974 avec Sugarland Express qui a obtenu le prix du scénario. Le Festival a en outre accueilli, hors compétition, E.T. (1982), La Couleur pourpre (1986) et Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (2008). A la Cérémonies des Oscars 2013, son dernier film, Lincoln, a valu un oscar à l’acteur Daniel Day-Lewis. Spielberg a auparavant reçu deux statuettes du meilleur réalisateur pour La liste de Schindler en 1994 et Il faut sauver le soldat Ryan en 1998.
A 66 ans, Steven Spielberg travaille à la préparation de Robopocalypse, un film dans un registre qui lui a valu de grand succès publics des Les Dents de la mer à Tintin, en passant par Jurassic Park.
Le président du Jury était épaulé dans sa tâche par les actrices australienne Nicole Kidman et indienne Vidya Balan, les acteurs autrichien Christopher Waltz et français Daniel Auteuil (également réalisateur), les cinéastes britannique Lynne Ramsay, japonaise Naomi Kawase, taIwanais Ang Lee et roumain Cristian Mungiu.

La 52e édition de la Semaine de la Critique était présidée par le Portugais Miguel Gomes qui vient de signer Tabou, un somptueux 3e film largement applaudi par la critique, un film d’amour et d’aventures qui se retourne sur la mémoire d’un empire perdu (l’Afrique) et la jeunesse du cinéma au temps du muet (Murnau). Sur 7 longs et 10 courts métrages en compétition cette année, la sélection ne comprenait aucun film en provenance d’Afrique, du Maghreb ou du Proche-Orient.
Après Anamaria Vartolomei (My Little Princess d’Eva Ionesco) l’an dernier, ce fut au tour de la comédienne et chanteuse française Soko de faire la matière de l’affiche de la Semaine de la Critique, une nouvelle fois confiée aux soins de l’agence Les Bons Faiseurs.

C’est enfin la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion qui a présidé le jury des courts-métrages et de la Cinéfondation. Emmené par la double lauréate de la Palme d’or, d’abord du court métrage pour Peel en 1986, puis celle pour La Leçon de piano en 1993, le jury avait à choisir parmi les films d’écoles de cinéma de la Sélection Cinéfondation et désigner la Palme d’or du court métrage qui est allée à Safe du Sud-Coréen Byoung-Gon Moon.

L’affiche officielle du Festival de Cannes 2013 réunit un couple mythique du cinéma, celui formé par Paul Newman et Joanne Woodward, sa compagne et interprète d’élection jusqu’à la disparition de l’acteur et réalisateur en 2008. Après l’actrice Bérénice Béjo l’an dernier, c’est Audrey Tautou (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain) qui a été choisie pour présenter les cérémonies d’ouverture et de clôture de cette édition.

Avec la projection notamment du Guépard de Luchino Visconti, d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, du Tambour de Volker Schlöndorff et des Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy dans le cadre de Cannes Classics, le Festival de Cannes poursuit sa politique de soutien à la restauration des Palmes d’or. Le Joli Mai de Chris Marker et Pierre Lhomme (1962) figurait également dans la sélection Cannes Classics.



- Le Palmarès de Cannes 2013



- 15 - 26 mai 2013, 66e Festival international du Film de Cannes (مهرجان الدولي للفيلام بكان)

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