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  64e Festival de Cannes

Le 64e Festival de Cannes a pris fin avec l’annonce du palmarès et de la Palme d’or 2011 décernée à The Tree of Life de Terrence Malick. Le Grand prix a été remis à deux longs-métrages ex-æquo : Le Gamin au vélo des frères Dardenne et Bir zamanlar anadolu’da (Il était une fois en Anatolie) de Nuri Blige Ceylan.

Sur 1 700 longs métrages soumis aux organisateurs cette année, la Sélection officielle en comptait 58 de 33 pays, dont 44 premières mondiales. Vingt films étaient en compétition pour la Palme d’or et parmi eux ceux de quatre femmes et deux premiers films. Outre le très attendu The Tree of Life de Terrence Malick, nous avions relevé la sélection des nouveaux films de Pedro Almodovar, Nanni Moretti, Nuri Bilge Ceylan et Radu Mihaileanu dont La Source des femmes a été tourné au Maroc.

Du coup, Les Chants de Mandrin de Rabah Ameur-Zaïmeche, Le Premier homme de Gianni Amelio d’après le roman éponyme d’Albert Camus, avec Jacques Gamblin et Claudia Cardinale, pas plus que Le Chat du rabbin de Joann Sfar et Antoine Delesvaux, n’ont pu bénéficier de l’exposition médiatique du Festival.

Sur la planche de la Marocaine Leïla Kilani a été a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs. L’Égypte était le pays invité de cette édition, pour inaugurer une journée d’hommage qui sera désormais rendue chaque année à une cinématographie étrangère. Le geste à l’adresse du printemps arabe en cours était accompagné de la projection (18/05) de 18 jours un film collectif de dix cinéastes qui ont chacun tourné, dans l’urgence et de manière bénévole, un court métrage autour de la révolution du 25 janvier. On pouvait également y voir, en séance spéciale, Plus jamais peur (La khawf baad el yawm) du Tunisien Mourad Ben Cheikh, un documentaire consacré à la révolution tunisienne.

Deux films iraniens étaient présentés à Cannes. Le premier est coréalisé par Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb. Intitulé Ceci n’est pas un film, il a été projeté en séance spéciale. Le second, Au revoir, est signé Mohammad Rasoulof. Il figurait dans la sélection Un Certain Regard. Arrêtés le 1er mars 2010, les deux cinéastes ont été soupçonnés de préparer un film hostile au gouvernement, après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, en juin 2009. Condamnés en décembre 2010, pour "participation à des rassemblements et propagande contre le régime", ils ont écopé de six ans de prison, assortis de vingt ans d’interdiction de filmer et de quitter le territoire. Les deux cinéastes ont fait appel.

Midnight in Paris (Teaser), le 41e long-métrage de Woody Allen, ouvrait le bal cette année (hors compétition). Le film est sorti le même jour en salles. Les bien-aimés de Christophe Honoré a fait la clôture du Festival (hors compétition).

C’est Robert De Niro qui présidait le jury cette année. Il est le troisième Américain sollicité à ce poste en quatre ans, après Sean Penn en 2008 et Tim Burton en 2010. Robert de Niro est déjà venu à huit reprises sur la Croisette, dont deux avec des films récompensés de la Palme d’or : Taxi Driver de Martin Scorcese en 1976 et Mission de Roland Joffé en 1986.
A 67 ans, sa carrière est riche de quelque 80 films. Révélé par Mean Streets de Martin Scorsese (1973), puis Le Parrain II de Francis Ford Coppola (1974), pour lequel il obtient l’Oscar du meilleur second rôle en campant celui de Vito Corleone (le personnage de Marlon Brando jeune) dans Le Parrain 2, il est ensuite consacré avec Taxi Driver de Martin Scorsese, avant de poursuivre avec les plus grands dans 1900 de Bernardo Bertolucci (1976), Le Dernier nabab d’Elia Kazan (1976), Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino (1978), Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (1984), Les Incorruptibles de Brian de Palma (1987) et Heat de Michael Mann (1995). Raging Bull de Martin Scorsese (1980) le voit enfin récompenser de l’Oscar du meilleur acteur.
"Doté d’une plasticité de caméléon, font observer le président Gilles Jacob et le délégué général du Festival Thierry Frémaux, il compose ses personnages sans qu’on sache s’il prend la mesure du rôle ou si le rôle s’adapte à ses mesures. Ses interprétations précises et nuancées, plus vraies que nature, invitent à l’identification : il est pour toujours le dernier nabab, Vito Corleone, Jack La Motta, Sam "Ace" Rothstein..."
Passé derrière la caméra, Robert De Niro a réalisé Il était une fois le Bronx (1993), une fresque autobiographique dédiée à son père, et plus récemment Raisons d’Etat (2006) un thriller sur la CIA pendant la guerre froide. L’acteur, réalisateur et producteur est enfin l’un des fondateurs du Tribeca Film Festival à New York (et Doha au Qatar), dévolu au cinéma indépendant. .

Dans le jury, on pouvait trouver Martina Gusman (actrice et productrice, Argentine), Nansun Shi (productrice, Chine), Uma Thurman (actrice, scénariste, productrice, USA), Linn Ullmann (critique et écrivaine, Norvège), Jude Law (acteur, Angleterre), Olivier Assayas (réalisateur, France), Mahamat Saleh Haroun (réalisateur, Tchad) et Johnny To (réalisateur, producteur, Chine/Hong-Kong).

C’est Restless de l’Américain Gus Van Sant qui a fait l’ouverture de la sélection Un Certain Regard (12 mai). Après Claire Denis l’an dernier, le jury d’Un Certain Regard était présidé par le cinéaste serbe Emir Kusturica qui fut président du jury de la compétition officielle en 2005 et deux fois lauréat de la Palme d’Or pour Papa est en voyage d’affaires (1985) et Underground (1995). La Semaine de la Critique fêtait pour sa part ses 50 ans.

Aujourd’hui âgé de 70 ans, le cinéaste italien Bernardo Bertolucci a reçu une Palme d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture. Pour les promoteurs du Festival, "l’implication politique et sociale de Bernardo Bertolucci, portée par un profond lyrisme et une mise en scène précise autant qu’élégante, donne à ses films une place singulière dans l’histoire du cinéma mondial [...]. La qualité de son œuvre, la force de son engagement en faveur du cinéma et des liens qui l’unissent à Cannes font de lui un premier récipiendaire légitime."
Cette nouvelle distinction sera décernée chaque année à un réalisateur important mais qui n’a jamais été récompensé de la Palme d’Or. Elle sera régulièrement remise lors du coup d’envoi du Festival.

Parmi 14 films de la sélection Cannes Classics destinée à "valoriser les films du répertoire", notamment dans des copies restaurées, figurait Le Voyage dans la lune (1902) de Georges Mélies dans sa version couleur, considéré comme perdue puis retrouvé en 1993 et restauré grâce au numérique qui a en outre permis de ré-assembler les fragments des 13.375 images du film. Outre Hudutlarin Kanunu (La Loi de la frontière) du Turc Lufti O. Akad, dans une copie restaurée grâce à la World Cinema Foundation dirigée par Martin Scorsese, on pouvait également y voir Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin et L’Assassin d’Elio Petri, tous deux sortis en 1961.

En marge de l’année Kubrick à la Cinémathèque française, le Festival de Cannes présentait, en avant-première mondiale, la version restaurée d’Orange mécanique (19/05) en présence de Malcom McDowell, l’acteur vedette du film qui a donneé une "master class". Le festival a enfin donné le coup d’envoi du projet de restauration de dix films de Roberto Rossellini, dont Rome, ville ouverte (1945), L’Amore (1948), Allemagne année zéro (1948) et Stromboli (1950).

L’affiche officielle de Cannes 2011 a été composée à partir d’un cliché de Faye Dunaway réalisé par Jerry Schatzberg en 1970. L’actrice fut l’interprète principale de Puzzle of a Downfall Child (Portrait d’une enfant déchue, 1970), le premier film du réalisateur photographe et lauréat de la Palme d’or 1973 pour son film Scarecrow (L’Épouvantail). Tous deux étaient présents sur la Croisette pour présenter une copie restaurée du film. (Photo, affiche officielle du 64e Festival de Cannes)



- Le Palmarès de Cannes 2011



- 11 - 22 mai 2011, 64e Festival international du Film de Cannes

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