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  61e Festival de Cannes

C’est Entre les murs du Français Laurent Cantet qui a obtenu, à l’unanimité des neuf membres du jury, la Palme d’or du Festival de Cannes 2008, devenant ainsi le premier film français à décrocher cette distinction depuis Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat en 1987. 5è long-métrage du cinéaste, entre documentaire et fiction, Entre les murs met en évidence les relations complexes au sein d’une classe de vingt-quatre élèves du collège Françoise-Dolto (Paris 20è). Le film est adapté du livre éponyme de François Bégaudeau (ed. Verticales, 2006) qui fut notamment professeur de français dans un collège dit "difficile" du 19è arrondissement de Paris et qui relate sa propre expérience durant une année scolaire. (Sortie : 24 septembre)

Le prix d’Interprétation masculine est allé à l’acteur américain d’origine portoricaine Benicio Del Toro pour son rôle d’Ernesto Guevara dans Che de Steven Soderbergh et celui d’Interprétation féminine à l’actrice brésilienne Sandra Corveloni pour son rôle dans Linha de Passe de Walter Salles et Daniela Thomas. Le Grand Prix est revenu à Gomorra de l’Italien Matteo Garrone.
Deux fois distingués de la Palme d’or à Cannes, les deux frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne se sont vus décerner le prix du Scénario pour Le Silence de Lorna. Grand prix du Jury avec Uzak en 2003, le Turc Nuri Bilge Ceylan a cette fois été récompensé du prix de la Mise en scène pour Les Trois singes. Le prix du Jury a été attribué à Il Divo de l’Italien Paolo Sorrentino.
Hunger de l’Anglais Steve McQueen a, pour sa part, obtenu la Caméra d’or du Festival qui récompense une première oeuvre présentée dans une des sélections officielles ou parallèles.

Le 61è Festival international du Film de Cannes s’est tenu du 14 au 25 mai avec l’acteur, réalisateur et scénariste américain Sean Penn comme président du jury de la compétition reine. Pour Thierry Frémaux, directeur artistique nommé récemment délégué général du festival, ce choix "était une évidence", car Sean Penn "incarne le cinéma indépendant américain ainsi qu’un certain visage de l’Amérique".

Enfant terrible du cinéma américain, Sean Penn est aussi connu pour son union agitée avec Madonna et plus encore pour ses prises de positions politiques contre le président George Bush, en particulier sur l’Irak où il s’est rendu à plusieurs reprises. L’acteur à succès, qui a travaillé avec les plus grands réalisateurs, a d’abord décroché le Golden Globe du meilleur second rôle pour L’Impasse de Brian de Palma en 1993, avant d’être cité à l’Oscar et au Golden Globe du meilleur acteur pour La Dernière marche de Tim Robbins en 1996, film qui lui a valu le Prix d’interprétation du Festival de Berlin. Avec She’s so Lovely de Nick Cassavetes, Sean Penn s’est vu décerner le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1997. Nommé trois nouvelles fois à l’Oscar du meilleur acteur pour Accords et désaccords de Woody Allen, Je suis Sam de Jessie Nelson et Mystic River de Clint Eastwood, il a obtenu le prix pour ce dernier en 2004. Il a auparavant été récompensé du Prix d’interprétation au Festival de Venise 2003 pour 21 grammes d’Alejandro Gonzales Inarritu.

Passé derrière la caméra avec The Indian Runner en 1990, film dont il a aussi écrit le scénario, il tournera Crossing Guard en 1995, The Pledge en 2001 et plus récemment Into the Wild sur l’aventure de Chris McCandless, ce jeune Américain qui a tourné le dos à une brillante carrière pour aller s’installer au cœur de l’Alaska.

Dans sa tâche de président du jury de Cannes 2008, Sean Penn était secondé par les actrices américano-israélienne Natalie Portman, allemande d’origine roumaine Alexandra Maria Lara et la française Jeanne Balibar, par l’auteure de bandes dessinées et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi, par l’acteur et réalisateur italien Sergio Castellitto, par les réalisateurs mexicain Alfonso Cuaron et thaïlandais Apichatpong Weerasethakul et enfin par le réalisateur et producteur franco-algérien Rachid Bouchareb.

Avec une explosion de candidatures qui témoigne plus que jamais d’un cinéma confronté à l’irruption du numérique, pas moins de 4.025 longs et courts métrages de 107 pays ont été soumis pour cette édition de Cannes, toutes sections confondues. Sur 1.792 longs métrages venus de 96 pays, ce qui représente 50 % d’augmentation en cinq ans, 22 étaient en compétition pour la Palme d’or qui a été remise par Robert de Niro. Parmi eux, Changeling, le nouveau Clint Eastwood sur fond de corruption dans le Los Angeles des années 1920, The Palermo Shooting de Wim Wenders avec Dennis Hopper et Lou Reed, Che, le biopic fleuve (4 heures) de Steven Soderberg avec Benicio Del Toro, Two Lovers de l’Américain James Gray, Le Silence de Lorna des frères Dardenne, La Frontière de l’aube de Philippe Garrel, Linha De Passe des Brésiliens Walter Salles et Daniela Thomas, Üç Maymun (Les Trois Singes) du Turc Nuri Bilge Ceylan, Adoration du Canadien Atom Egoyan et 24 City du Chinois Jia Zhangke.

Sur les 22 films en compétition, dix ont été réalisés par des cinéastes qui briguaient la Palme d’or pour la première fois. Parmi les nouveaux venus, on pouvait relever en particulier Waltz with Bashir (Une valse avec Bashir) de l’Israélien Ari Folman, un film d’animation qui revient sur les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila (Beyrouth-Ouest) en 1982.

On pouvait également retenir la réapparition à Cannes des Argentins Lucrecia Martel et Pablo Trapero, respectivement avec La mujer sin cabeza (La Femme sans tête) et Leonera. Deux ans après Le Caïman de Nanni Moretti, les Italiens étaient aussi de retour avec Gomorra de Matteo Garrone, une plongée dans l’univers de la mafia napolitaine tirée du best-seller de Roberto Saviano, et Il Divo de Paolo Sorrentino, une relecture de la carrière politique du dirigeant démocrate-chrétien Giulio Andreotti.

Autre volet de la Sélection officielle, la section "Un certain regard" accueillait pour sa part 20 films dont Hunger du Britannique Steve McQueen (en ouverture) qui évoque la vie de Bobby Sands, membre de l’IRA mort en prison en 1981 après une longue grève de la faim, un documentaire de James Toback sur le boxeur Mike Tyson ou Je veux voir de Khalil Joreige et Joana Hadjithomas dans les ruines de Beyrouth après la guerre. Le jury d’"Un certain regard" était présidé par le cinéaste germano-turc Fatih Akin, lauréat du prix du Scénario à Cannes 2007 avec De l’autre côté.

Au chapitre des films projetés hors compétition ou en séances spéciales et qui ont fait l’événement sur la Croisette, il y a eu les avant-premières mondiales des inévitables Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen et Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull de Steven Spielberg, un 4è volet qui sort 19 ans après la Dernière croisade. On pouvait également y découvrir des documentaires comme celui d’Emir Kusturica sur Maradona et de Marina Zenovich sur Roman Polanski.

En plus des films d’ouverture et de clôture avec respectivement Blindness (L’Aveuglement) du Brésilien Fernando Mereilles et What Just Happened ? de l’Américain Barry Levinson, le Festival fêtait les 100 ans du cinéaste portugais Manoel de Oliveira (19 mai). On pouvait enfin y voir, lors d’une séance spéciale à la demande de Sean Penn, The Third Wave (La Troisième vague) d’Alison Thompson, sur l’après-Tsunami de 2004 au Sri Lanka.

La traditionnelle "Leçon de Cinéma" est revenue cette année à Quentin Tarantino (22 mai).

Du côté des sections parallèles, La Quinzaine des Réalisateurs (15-25/05) fêtait ses quarante ans d’existence. Manifestation sans compétition ni prix, dont l’acte de naissance a été prononcé dans le tumulte de mai 68, la Quinzaine a régulièrement invité des cinéastes porteurs d’un "renouveau cinématographique post-68" comme Glauber Rocha, R. W. Fassbinder, Nagisa Oshima, Ken Loach, Youssef Chahine, Martin Scorsese, Chantal Akerman, Jim Jarmusch ou Spike Lee. A l’image aussi de Robert Kramer dont Milestones fut l’un des événements de l’édition de 1975. Restauré et gonflé en 35 mm, le film était visible cette année en séance spéciale. Idem avec Stranger than Paradise de Jim Jarmusch montré en 1984 et programmé (17 mai) en présence du cinéaste.

Avec 22 longs métrages et dix courts, cette édition était marquée par le retour du Polonais Jerzy Skolimowski après une très longue absence. Quatre nuits avec Anna, son dernier film, a été projeté en ouverture. Autres surprises avec la sélection du Dernier maquis, le troisième long-métrage de Rabah Ameur-Zaïmèche, et Kamel s’est suicidé six fois, son père est mort, un nouveau court-métrage de Soufiane Adel (9 min., Fr, 2007)

La 47ème Semaine internationale de la Critique (15-21/05) proposait pour sa part sept films, dont cinq premières œuvres. Le 19 mai, l’Argentin Fernando Solanas, le Français Romain Goupil et le Palestinien Hany Abu Assad ont animé une journée consacrée aux liens entre cinéma et politique. Cela a eu lieu en marge de la projection en avant-première mondiale de The End of Poverty ? (La Fin de la pauvreté ?) de Philippe Diaz (USA, 2008) et des Enfants de Don Quichotte de Jean-Baptiste Legrand, Augustin Legrand et Ronan Dénécé (Fr, 2008).

Association à but non-lucratif, la World Cinema Foundation a été créée lors du 60è Festival de Cannes, à l’initiative de Martin Scorsese, afin d’"aider les pays en voie de développement à la sauvegarde de leur trésors cinématographiques" et de contribuer à "renforcer le projet d’archives internationales". Parmi les trois films fraîchement restaurés et qui ont été présentés à Cannes cette année, Touki Bouki (Le Voyage de la hyène, 1973) du Sénégalais Djibril Diop Mambéty (1945-1998) fait figure de film manifeste dans l’histoire du cinéma africain.

Signée Pierre Collier, affichiste de cinéma, le visuel de Cannes 2008 a été réalisé à partir d’une photo de David Lynch représentant un mannequin et danseuse du Crazy Horse.



- Le Palmarès de Cannes 2008



- 14 - 25 mai 2008, 61è Festival international du Film de Cannes

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