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  Fespaco 2009

Pour son 40e anniversaire, le Fespaco a attribué l’Étalon de Yennenga, sa plus haute distinction, à Teza de l’Éthiopien Haïlé Gerima sur les années d’émancipation du continent qui ont conduit au régime sanguinaire de Mengistu Haïlé Mariam à Addis-Abeba. Né en 1946 à Gondar, Haïlé Gerima s’est installé en 1968 aux USA où il a suivi les cours de la Los Angeles School of Black Filmmakers. Le cinéaste est professeur de cinéma à l’Université de Howard (Washington D.C.) depuis 1975. Favori du festival, son film Teza a auparavant été récompensé par le Prix spécial du jury et celui du meilleur scénario à Venise et le Tanit d’or à Carthage.
Le jury a en outre récompensé Nothing But the Truth du Sud-Africain John Kani et Mascarades de l’Algérien Lyes Salem, respectivement de l’Étalon d’argent et de bronze.

Côté documentaire, les trois films distingués sont Nos lieux interdits de Leila Kilani sur la répression dans le Maroc de Hassan II, Au-delà de l’arc-en-ciel (Behind the Rainbow) de l’Egyptienne Jihan el-Tahri en forme de portrait peu amène de l’ANC post-Mandela et enfin Une affaire de nègres de la Camerounaise Oswalde Lewat, qui revient sur les dérives d’une unité spéciale chargée de la lutte contre le banditisme qui fit un millier de morts en 2000.

Dédié aux professionnels du cinéma d’Afrique et de sa diaspora et placé, cette année, sous le thème de "Cinéma, tourisme et patrimoine culturel", le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) fêtait ses quarante ans. Créée en 1969 pour assurer la promotion du cinéma africain, la première "Semaine du cinéma" organisée à Ouagadougou a été la matrice du Fespaco qui sera institutionnalisé en 1972 et deviendra un rendez-vous biennal compétitif à partir de sa 6ème édition.

40 ans plus tard, en l’absence d’une véritable industrie dans ce domaine sur le continent, au regard des coûts de production d’une œuvre cinématographique, de la désaffection des publics, des salles qui ferment et dans un contexte de crise internationale qui vient aggraver les difficultés, le cinéma africain peine toujours à trouver ses marques. Il s’est cependant distingué par un volume non négligeable de films et, en festivals, par nombre de récompenses prestigieuses comme la Palme d’or à Cannes (1975) pour Chronique des années de braise de l’Algérien Mohamed Lakhdar-Hamina, le Prix Spécial du Jury à Cannes (1987) pour Yeelen du Malien Souleymane Cissé, le prix de la Critique à Cannes (1989), le Grand Prix du Jury à Cannes (1990) et l’Ours d’argent du Festival de Berlin (1992), respectivement pour Yaaba, Tilaï et Samba Traoré du Burkinabé Idrissa Ouedraogo, le Prix du 50è anniversaire de Cannes (1997) décerné à l’Egyptien Youcef Chahine, l’Oscar à Hollywood (2005) pour Tsotsi du Sud-Africain Gavin Hood, l’Ours d’or à Berlin (2005) pour U-Carmen eKhayelitsha d’un autre Sud-Africain, Mark Dornford-May, le Grand prix du Jury à Venise (2006) pour Daratt du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun et, plus récemment, le Prix spécial du Jury de Venise (2008) pour Teza de Haïlé Gerima.

Emmené par le Burkinabè Gaston Kaboré, lui-même ancien lauréat de l’Etalon de Yennenga 1997 avec son film Buud Yam, le jury était composé des cinéastes nigérian Ola Balogun, bissau-guinéen Flora Gomez et tunisienne Moufida Tlati, de la critique américaine Diarah N’Daw Spech et de la militante rwandaise des droits humains Monique Mujawamanya.

Sur 664 œuvres visionnées provenant de 75 pays et 374 sélectionnées, 129 films de tous formats étaient en compétition dans six sections pour 24 prix. Dix-neuf longs métrages concouraient pour l’Etalon de Yennenga, la plus haute distinction du festival remportée il y a deux ans par le Nigérian Newton Aduaka pour son film Ezra. Parmi eux, figuraient trois films marocains, trois sud-africains, deux algériens (de Lyes Salem et Amor Hakkar) et deux burkinabés. Il fallait également compter le Mali, la Guinée, le Sénégal, le Congo-Brazzaville, la Tunisie, l’Ethiopie, le Mozambique et le Zimbabwe avec un film chacun.
La sélection accueillait en outre 20 courts métrages, 30 documentaires, 29 fictions en vidéo, 13 séries TV et 17 films dans la section Diaspora.

Parmi différents événements et rencontres, la 21ème édition a rendu un hommage particulier au Sénégalais Ousmane Sembène, le "doyen des cinéastes africains et pionnier du Fespaco", décédé peu après la précédente édition. Un autre hommage a été rendu à l’acteur malo-burkinabè Sotigui Kouyaté, 72 ans, qui a récemment été récompensé à Berlin de l’Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle dans London River de Rachid Bouchareb.
Sélectionné en compétition, Ramata du Congolais Léandre-Alain Baker a rendu hommage à sa façon à Katoucha Niane, la top model d’origine guinéenne retrouvée morte, en février 2008, au fond de la Seine à Paris.



- 28 février - 7 mars 2009, Fespaco 2009, 21è Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou

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