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  Cahiers du cinéma : où va le cinéma algérien ?

Ce hors-série des Cahiers du cinéma s’ouvre sur un entretien avec Benjamin Stora, dans lequel celui-ci revient longuement sur "la mémoire et l’identité de l’Algérie saisie à travers ses images et ses représentations". Sur l’absence d’images surtout, qui a selon lui "une longue histoire" et "construit une Algérie fantasmée qui n’existe pas".
S’interrogeant sur "l’absence du combattant algérien, de la figure de l’Algérien", dans le cinéma colonial, puis dans les films anticolonialistes des années 1970, l’historien estime que "l’Algérie, en un sens, n’a jamais figuré". Une absence qui s’est perpétuée jusqu’à nous dans la tragédie "inexpliquée, inexplicable, non représentée et non représentable" [...], d’un "pays abstrait, disparu de la conscience collective française, une tache noire". Un pays où "la transmission réelle de la mémoire [...] passe plus par les familles et la culture que par le cinéma." Un pays enfin où, alors que "les cinéastes sont confrontés au problème de la dénonciation du présent" [...], "la société veut donner un passé aux images". Sans compter les "perspectives d’une mémoire en partage", lorsque "le filmage se fait à partir d’un entre-deux historique et géographique, entre la France et l’Algérie".
La revue brosse ensuite un vaste état des lieux du cinéma algérien dont témoignent une courte histoire avec ses rêves d’industrie, quelques grands succès, une Palme d’or, des images précieuses et, au bout du compte, le retrait de l’Etat en 1998 et la dissolution pure et simple des entreprises publiques de production et de distribution cinématographiques.
Où va le cinéma algérien ?, c’est la question que les Cahiers du cinéma se sont posés en se rendant à Alger, au moment où sortait Rachida de Yamina Bachir-Chouikh, en même temps que Harry Potter, où Nadir Moknèche et Rachid Benallel tournaient respectivement Viva Laldjérie et Si Mohand ou M’Hand, l’insoumis et où, à la faveur de "Djazaïr 2003, une année de l’Algérie en France", quelques longs métrages ont bénéficié d’une aide publique. Parmi eux, Le Soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul autour de la figure du poète Jean Sénac, Les Suspects de Kamel Dehane d’après Les Vigiles de feu Tahar Djaout et Un rêve algérien de Jean-Pierre Lledo, un long-métrage documentaire sur la vie d’Henri Alleg, l’ancien directeur d’Alger républicain et auteur de La Question.

- Où va le cinéma algérien ?
Hors-Série, Cahiers du cinéma, février-mars 2003

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