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  Anna Gréki

Née Anna Colette Grégoire, en 1931 à Batna, elle est marquée par son enfance passée à Menaa dans les Aurès où son père était instituteur. Après ses études primaires à Collo, puis le lycée à Philippeville (auj. Skikda), elle interrompt ses études supérieures de lettres à Paris pour rejoindre le combat pour l’indépendance de l’Algérie.

Institutrice à Bône (auj. Annaba), militante du Parti communiste algérien, elle est arrêtée en mars 1957, torturée à la villa Sésini et incarcérée à la prison Barberousse (auj. Serkadji) d’Alger aux côtés d’une quarantaine de moudjahidate. C’est là dans une cellule de Barberousse qu’elle compose un recueil de poèmes sous le pseudonyme d’Anna Gréki. En 1963, Algérie Capitale Alger est publié par l’éditeur Pierre-Jean Oswald à Tunis, avec une préface de Mostefa Lacheraf et une traduction en arabe de Tahar Cheriaa.

Transférée en novembre 1958 au camp de transit et de triage de Beni Messous, puis expulsée d’Algérie six mois plus tard vers la France, elle rejoindra son mari Jean-Claude Melki à Tunis en 1960. Rentrée en Algérie à l’indépendance, elle achève une licence en 1965 et devient professeur de français au lycée Emir Abd el-Kader à Alger.

Elle meurt brutalement le 6 janvier 1966 à Alger, après un accouchement. Elle n’avait que 35 ans. Temps forts, son second recueil, paraît la même année chez Présence africaine à Paris. Anna Gréki a également laissé un roman inachevé.



- 25 mars 2017, Anna Gréki. Les Mots d’amour, les mots de guerre de Abderrahmane Djelfaoui (Alger, Casbah, 2016), Paris / Salon du livre
- 4 mars 2017, Anna Gréki. Les Mots d’amour, les mots de guerre de Abderrahmane Djelfaoui (Alger, Casbah, 2016), Mostaganem / Bibliothèque municipale
- 5 - 20 mars 2016, Anna Greki par Gisèle Sans, Printemps des poètes



Alger la blanche

"J’habite une ville si candide
Qu’on l’appelle Alger la blanche
Ses maisons chaulées sont suspendues
En cascade en pain de sucre
En coquilles d’œufs brisés
En lait de lumière solaire
En éblouissante lessive passée au bleu
En plein milieu
De tout le bleu
D’une pomme bleue
Je tourne sur moi-même
Et je bats ce sucre bleu du ciel
Et je bats cette neige bleue du ciel
Bâtis sur des îles battues qui furent mille
Ville audacieuse Ville démarrée
Ville au large rapide à l’aventure
On l’appelle El Djezaïr
Comme un navire
De la compagnie Charles le Borgne.
"

Anna Gréki, Algérie Capitale Alger


- Algérie Capitale Alger (Tunis, S.N.E.D. - Coll. J’exige la parole, 1963)
Préface de Mostefa Lacheraf
Traduction en arabe de Tahar Cheriaa
Illustrations, graphisme d’Edgar Naccache
- Temps forts (Paris, Présence africaine, 1966)

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