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  Ali Sellali dit Allalou

Heureuse initiative que celle des éditions Apic qui ont réédité les mémoires de l’un des pionniers du théâtre algérien, Ali Sellali dit Allalou. L’Aurore du théâtre algérien n’était pas disponible jusque là, même s’il a connu une publication restreinte en 1982 par les Cahiers du Cridsh (Université d’Oran). Le texte est ici réédité avec la préface originale de feu Abdelkader Djeghloul et une iconographie inédite fournie par la famille de Allalou. L’ouvrage a bénéficié de l’aide de la manifestation "Tlemcen, capitale de la culture islamique".

Auteur, metteur en scène et comédien, Ali Sellali dit Allalou (1902, Alger - 1992, id.) a grandi à la Casbah d’Alger où, dès la fin de l’école primaire, il entre dans la vie active. À l’écoute des airs en vogue à cette époque, il rêve de chanter et prend des leçons de solfège.
Séduit par la musique dite andalouse, il fait la rencontre d’Edmond Yafil et de Mahieddine Bachetarzi qui s’emploient alors à faire vivre l’association El-Moutribia, la doyenne des sociétés de musique algériennes. Allalou fait ainsi ses débuts comme chansonnier dans les concerts d’El-Moutribia, pendant les soirées de Ramadhan.

C’est durant cette période que lui vient l’idée de "donner une note de gaieté à ces concerts en créant un genre de comique troupier (tirailleur algérien) chantant et disant des monologues"*. Il compose alors de courts sketches écrits en arabe usuel qu’il jouait avec Aziz Lakehal et Brahim Dahmoun sur des scènes de cinémas de quartier, à Bab el-Oued notamment.

Fort de cette expérience, il fonde en 1925 une compagnie : la Zahia troupe (La Joyeuse). Avec Djeha, le 12 avril de l’année suivante, Allalou donne le coup d’envoi de l’aventure du théâtre algérien. Conçue en arabe populaire, la pièce met en scène un héros facétieux de la tradition algérienne, dont il existe des répliques au Maghreb et au Proche-Orient.

Allalou poursuit avec Zouadj Bou ’Akline (Le Mariage de Bou Akline) en octobre de la même année, puis deux spectacles tirés de contes des Mille et Une Nuits. En 1930 et 1931, l’Opéra d’Alger va accueillir trois de ses adaptations. L’année suivante, Allalou renonce à toute activité théâtrale.
Il est décédé le 20 février 1992 à Alger.



- L’Aurore du théâtre algérien (1926-1932)
d’Ali Sellali dit Allalou
Préface de Abdelkader Djeghloul
(Alger, APIC, 2011)

L’Aurore du théâtre algérien de Allalou
Préface de Abdelkader Djeghloul
(Université d’Oran, Cahiers du CRIDSH, n°9, 1982)



* "De la musique andalouse au théâtre", par Allalou, L’Internationale de l’imaginaire (n° 5, Paris, Printemps 1986)

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