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  L’Astragale de Brigitte Sy

Une nuit d’avril 1957, Anne, une jeune délinquante condamnée pour vol, s’évade de prison. En faisant le mur, elle se fracture un os du pied, l’astragale. Dans sa chute, elle s’éprend de Julien, l’homme qui la ramasse au bord de la route et l’emmène à Paris où il lui trouve une planque. Le film est l’histoire de cet amour indéfectible mais difficile car Julien, lui aussi en cavale, ne cesse de disparaître pour des raisons obscures. Lorsqu’il est arrêté et emprisonné, Anne devra faire face, errer de cache en cache et se prostituer pour survivre. Dans le doute et l’attente du retour de son amoureux, elle va trouver le salut dans l’écriture et les mots, dans les lettres qu’elle lui écrit pour supporter son absence.

Tourné en noir et blanc, mis en boîte en vingt six jours avec une petite équipe et un budget modeste, le film de Brigitte Sy brille par l’interprétation de Leïla Bekhti et Reda Kateb, réunis pour la première fois. "L’Astragale" est adapté du roman autobiographique éponyme d’Albertine Sarrazin, publié en 1965 chez Pauvert.
Dans ce roman déjà porté à l’écran en 1968 par Guy Casani, avec Marlène Jobert et Horst Buchholz dans les rôles principaux, c’est par amour pour Marie, une femme, après un hold-up qui a mal tourné, qu’Albertine se retrouve en prison. Et c’est encore l’amour, pour Julien cette fois, qui nourrit sa quête, son attente et sa rage de vivre. Œuvre pionnière et anticonformiste, qui met en scène des personnages cabossés, à la marge, "L’Astragale" fut un best-seller à sa parution. "J’ai accueilli son chant ardent de toute mon âme, écrit la chanteuse Patti Smith dans sa préface à une réédition du livre en 2013. Sans Albertine pour me guider, aurais-je fanfaronné de la même façon, fait face à l’adversité avec la même ténacité ? Sans "L’Astragale" comme livre de chevet, mes poèmes de jeunesse auraient-ils été aussi mordants ?"

Abandonnée à sa naissance à l’Assistance publique d’Alger, la jeune Albertine Sarrazin est une enfant indisciplinée que ses parents adoptifs font enfermer, à 15 ans, dans une maison de correction à Marseille. En pleine épreuves du baccalauréat, elle s’enfuit et rejoint Paris en auto-stop. C’est durant un hold-up raté dans un magasin de confection qu’elle est arrêtée et écrouée. Elle n’a alors que 17 ans. A la suite de "L’Astragale", "petit roman d’amour pour Julien" écrit en quatre mois, elle publiera "La Cavale" et "La Traversière", deux autres ouvrages autobiographiques parus chez Jean-Jacques Pauvert. Albertine Sarrazin est morte en 1967 à l’hôpital, des suites d’une erreur médicale. Elle avait tout juste 29 ans.

Ses romans, poèmes, lettres et journal font la matière d’ Albertine Sarrazin, un spectacle visible jusqu’au 3 mai au Théâtre de Poche-Montparnasse à Paris. Adapté et interprété par Mona Heftre, il est mis en scène par Manon Savary.



Sortie en salles : 8 avril 2015

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- "L’Astragale" de Brigitte Sy
(97 min., Fr, 2014)
D’après le roman d’Albertine Sarrazin
(Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1965 et rééd.)
Scénario de Brigitte Sy et Serge Le Péron
Avec Leïla Bekhti (Anne), Reda Kateb (Julien), Esther Garrel (Marie)



24 février - 3 mai 2015, Paris / Théâtre de Poche - Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6e

Albertine Sarrazin
D’après l’œuvre d’Albertine Sarrazin
Adaptation et interprétation de Mona Heftre
Mise en scène de Manon Savary

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