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La langue arabe aujourd'hui
Si "on attribue souvent à la presse écrite un rôle majeur dans l’unification de la langue que ce soit à l’intérieur d’un pays ou à l’échelle du monde arabe", rappellent les organisateurs de ces journées, il convient aussi d'examiner le rôle du système éducatif, du livre, des médias audiovisuels et des nouvelles technologies dans la vie de la langue arabe qui "a connu au XXe siècle une transformation profonde et complexe sous l’effet de nombreux facteurs qui ont bouleversé les anciens modes de diffusion de la connaissance, de la culture et de l’écrit et les rapports entre langue écrite et langue orale, langue littéraire et parlers locaux, langue sacrée et langue profane."
Il a notamment été question durant les rencontres de La crise de la langue arabe par Ahmad Ali Morsi (Chef du Département d'Arabe de la faculté des lettres, Le Caire),
des Parlers arabes en Algérie par Khawla Taleb El-Ibrahimi (Professeur à la faculté des lettres, Alger), des Enjeux de l'enseignement de l'arabe en France par Bruno Halff (Inspecteur général de l'Éducation nationale, Paris) ou encore de La langue arabe et Internet par Fatima Berrada (Chercheur, IMA, Paris).

13 - 15 novembre 2001,
Institut du Monde Arabe, Paris





Algérie, regards intérieurs
Le Centre culturel Le Chaplin poursuit durant la saison 2001/2002 des actions en faveur des Littératures d'Europe, d'Afrique et de la Méditerranée. Les manifestations du Lire en Fête ont privilégié cette fois l'Algérie et Alger en compagnie d'auteurs et de comédiens.
En donnant à découvrir des textes célèbres et d'autres moins connus du répertoire algérien, en conviant à des discussions, la rencontre voulait aider à mieux appréhender la vie de la littérature, du théâtre et de la chanson dans ce pays.
Le programme prévoyait une rencontre-discussion consacrée au
roman noir avec Salah Guemriche, l'auteur de L'Homme de la première phrase (20 octobre), suivie d'une veillée théâtrale en compagnie du comédien Sid Ahmed Agoumi (20 octobre) et enfin d'un montage poétique consacré à Alger dans la littérature (21 octobre 2001). Intitulé Alger par ses Algérois(es), cette escale proposée par Aïcha Kassoul et Mohamed Lakhdar Maougal, de l'Université d'Alger, se veut invitation à la lecture et au voyage dans la ville vue par des auteurs algériens.
Alger, El-Djazaïr qui signifie Les Iles, du nom des îlots rocheux qui se dressaient dans sa baie, Alger la blanche avec ses ocres et aujourd'hui ses bleus à l'âme a inspiré nombre de pages à des poètes et des peintres éblouis, à l'instar de
Himoud Brahimi dit Momo, le chantre inspiré de la médina, lorsqu'il écrit, "si j'avais à choisir parmi les étoiles pour comparer / le Soleil lui-même ne saurait éclipser la lumière du Verbe que tu caches, Aucun lieu sacré / ni aucune capitale ne saurait réunir ce que chaque matin le lever du jour t'offre comme guirlande".
Alger par ses Algérois(es) ; 21 octobre 2001, par Amel Oumessaad, Boussaad Saim et Belaïd Djeffal

19, 20, 21 octobre 2001,
Algérie, regards intérieurs, Lire en Fête, Centre Culturel Le Chaplin, Mantes-La-Jolie
Avec le soutien d'algeriades





Journée Emir
Abd el-Kader (Mascara, 1807 - Damas, 1883) *
22 septembre 2001, Centre culturel algérien, Paris

Théologien, poète et homme d'État, élevé dans la zaouia (école religieuse) dirigée par son père, Abd el-Qader ibn Muhyi ed-Din el-Hassani a reçu une éducation et une culture théologique et philosophique. Investi du titre d'émir des tribus de l'Ouest algérien en novembre 1830, il s'engage à diriger la résistance contre la conquête française. Proclamant le Djihad (la guerre sainte) en 1832, il organise un État, crée un gouvernement et une armée, lève un impôt, rend la justice.
La guerre qu'il déclare aux troupes françaises va durer quinze ans. Acculé après la chute du sultan du Maroc, l'émir Abd el-Kader est finalement contraint de se rendre en décembre 1847. Au lieu de l'exil au Proche-Orient qui lui a été promis, il est emprisonné à Toulon, puis à Pau et Amboise. Durant cette période, il se consacre à l'étude et à l'écriture.
En octobre 1852, Napoléon III accède à sa demande et l'émir embarque pour la Turquie avant de s'établir trois ans plus tard en Syrie. À Damas, il s'installe dans la maison que le mystique andalou Ibn Arabi occupa quelque six siècles plus tôt. Il s'illustrera en 1860 en sauvant des milliers de chrétiens d'un massacre.
Jusqu'à sa mort, Abd el-Kader enseigne la mystique, la philosophie, la théologie et l'histoire.
"Élevé à la fois dans le métier des armes et dans l'étude de la tradition, note René Khawam, il fut tout ensemble un homme d'action et un mystique. Son combat -glorieux jusque dans la défaite- contre l'envahisseur français a un peu occulté son oeuvre d'écrivain, qui touche aux sciences religieuses, à la politique, au dressage des chevaux... et à la poésie -laquelle pouvait encore, sans déchoir, traiter librement des affaires de la cité".
Son Diwan (recueil) contient plus de sept cents poèmes écrits entre 1832 et 1883.
Il a également composé un ensemble d'oeuvres mystiques. L'imposant Kitâb el-Mawâqif (écrits spirituels) a fait l'objet d'une traduction partielle en français. Pour Bruno Etienne qui lui a consacré une biographie, Abd el-Kader apparaît comme l'héritier légitime d'Ibn Arabi.
Journée Emir Abd el-Kader en compagnie de Cheikh Bouamrane (Université d'Alger), Mgr Tessier (Archevêque d'Alger), Bruno Etienne (Institut universitaire de France) et Salah Benokbi (Fondation Émir Abdelkader)

  22 septembre 2001, Centre Culturel Algérien, Paris


* Kitab el-Mawaqif (Rééd., Beyrouth/Damas, Dar el-Yaqadha el-Arabiya, 1966, 3 vol.) ; Lettre aux Français, édition établie par René Khawam (Paris, Phébus, 1977) ; Abd el-Kader, Écrits spirituels, textes traduits et commentés par Michel Chodkiewicz (Paris, Le Seuil, 1982) ; Poèmes métaphysiques, traduits et présentés par Charles-André Gilis (Paris, Éditions de l'Oeuvre, 1983) ; Abdelkader, Isthme des isthmes de Bruno Etienne (Paris, Hachette, 1994)





Littérature(s) d'Algérie
En compagnie de Latifa Ben Mansour, Madjid Boubehata, Mohamed Kacimi, d'une part, et de Azouz Begag, Charles Bonn, Aziz Chouaki et Marie Virolle, d'autre part, la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges proposait deux lectures - débats autour de la Figure du religieux chez les écrivains algériens contemporains et de Langue, Identité, Exil, sans compter une conférence par André Nozière intitulée Algérie : le retour de Saint-Augustin.
Outre un diaporama
et une exposition de Portraits d'Écrivains, les visiteurs pouvaient y découvrir des photographies de Djamel Farès (La Source et le secret), ainsi que des peintures de Sylvie Christophe inspirées de motifs de poteries d'Algérie.

5 - 30 juin 2001, Littérature(s) d'Algérie
, Bibliothèque francophone multimédia de Limoges, Tel : 05 55 45 96 00





6e Salon Euro-Arabe du Livre
Créé en 1990 par l'Institut du Monde Arabe et feu Pierre Bernard, le directeur-fondateur des éditions Sindbad dont le catalogue a été repris par Actes Sud, le Salon euro-arabe du Livre s'est donné pour mission de promouvoir et de témoigner de la vitalité de l’édition arabe autant que de la production éditoriale européenne sur le monde arabe. Fort du succès de sa précédente édition en 1999, qui a réuni plus de 250 éditeurs, la manifestation de l'IMA
atteint peu à peu son rythme de croisière.
Le programme de la manifestation précisait que "outre le Livre et la Revue, le Multimédia (CD-ROMS et outils d’enseignement de la langue arabe) sera cette année l’un des axes prioritaires du Salon, qui consacre par ailleurs une place de choix aux nouvelles technologies et à l’informatique, avec un panorama des systèmes compatibles avec la langue arabe".
On s'y est préoccupé de Quelles littératures pour le nouveau siècle ?, d'Ecritures arabes au féminin, d'Écriture et émigration, de Nouveau roman algérien, d’Histoire de l'immigration algérienne en France, de Poésie du monde et de Dire la Méditerranée.
Des rencontre et une journée professionnelle enfin ont réuni des éditeurs arabes et européens et un grand nombre d'auteurs, sans oublier
Ecriture et identité, une mise en spectacle en compagnie de Rachid Djaidani, Ahmed Dich, Ahmed Beneddif, Saïd Mohamed, Karim Naceri et avec la participation du champion olympique Djamel Bouras (16 juin)
Ce sixième rendez-vous euro-arabe du Livre a choisi les Émirats Arabes Unis comme invité d’honneur. La clôture du Salon a été marquée par un récital du poète palestinien Mahmoud Darwich.

 8 - 17 juin 2001, 6e Salon Euro-Arabe du Livre, Institut du Monde Arabe, Paris






Algérie, écritures contemporaines
À l'initiative de la manifestation, l'association des Libraires du Sud entendait ainsi "témoigner de la vitalité de la création dans un pays où les troubles ont coûté la vie à de nombreux intellectuels".
Le programme comportait des projections, des expositions, des lectures et des rencontres-débats en compagnie d'une vingtaine d'écrivains invités parmi lesquels Boualem Sansal, Leïla Sebbar, Waciny Laredj, Abdelkader Djemaï, Anouar Benmalek, Maïssa Bey et Amin Zaoui.
Le programme des rencontres prévoyait également la présence de l'éditeur Abderahmane Bouchène, du cinéaste Ahmed Lallem (Elles et Algériennes, 30 ans après), du photographe Bruno Hadjih (Avoir vingt ans à Alger), du plasticien Azwaw Mammeri et d'autres écrivains, réalisateurs, journalistes, éditeurs et libraires algériens des deux rives.

• 10 - 26 mai 2001, Algérie, écritures contemporaines, Aix-en-Provence, Arles, Avignon, Digne, Gardanne, Marseille, Martigues et Salon-de-Provence, Association des Libraires du Sud, Tel : 04 96 12 43 42

Plage de Sidi ferruch, mai 1999,
Photographie de Bruno Hadjih, Avoir Vingt ans à Alger (Paris, Alternatives, 2001)





Salon du Livre d'Oran
Le salon du Livre d'Oran qui a eu lieu dans les locaux de la Bibliothèque Régionale de la ville a accueilli Amin Zaoui (La Razzia), Sofiane Hadjadj (La Loi), Mustapha Benfodil (Zarta!), Leïla Hamoutène (Sang et jasmin), Hamid Kechad (La Paix des cimetières), Ahmed Ancer (Encres rouges), le dessinateur Ali Dilem (Boutef président), et Leïla Aslaoui (Les Années rouges), lors de séances de ventes-dédicaces.
Avec le concours de l'université, cette seconde édition du Salon a rendu hommage à Assia Djebar et préparé une rencontre en compagnie de Rachid Boudjedra autour de "Créativité littéraire et liberté de représentation".
Ce fut l'occasion pour les revues Naqd, Insaniyat, Imago et 2000 ans d'Algérie d'organiser une table ronde sur le thème de "La revue comme lieu d'expression et d'interculturalité" (le 8 mai), et pour les éditeurs de journaux d'en tenir une autre sur les "10 années de presse indépendante" (5 mai).

30 avril - 10 mai 2001, Oran





Si Mohand ou M'Hand (v. 1850 - 1906)
Après le massacre des siens et l'incendie de son village qui suit le soulèvement de 1871, le poète a vécu dans l'errance jusqu'à sa mort. Si Mohand ou M'Hand incarne la grande tradition poétique berbère dans la Kabylie du XIXè siècle.
Dans sa présentation du recueil de Si Mohand, Mouloud Feraoun rapportait ceci : "Un jour, raconte-t-on, un ange se présenta à lui et lui fit cette proposition : "Rime et je parlerai , ou bien alors parle et je rimerai." Si Mohand choisit de parler. Voilà pourquoi des rimes divines ont pu servir à des paroles profanes, car le fantasque poète, nanti du précieux cadeau, se soucia moins de glorifier les anges que de traduire ses propres tourments".
Feraoun toujours soulignait : "Le poète parlait, autant en emportait le vent, ou presque. Ses contemporains ne mirent aucun empressement à fixer sa capricieuse inspiration au passage, comme si leurs âmes d'hommes simples était pénétrée de cette vérité infuse que toute tentative humaine pour s'approprier ce qui est beau demeure vaine ! Simplement il a pu susciter des imitateurs, remettre à la mode la déclamation poétique et redonner le goût de versifier à un peuple habitué à chanter ses joies et ses peines, ses exploits et sa ferveur. Et les sonnets calqués sur ceux de Si Mohand durent se multiplier à l'infini".

19 avril 2001, Rencontre autour de
Si Mohand ou M'Hand, en compagnie de Youcef Nacib *, avec la participation de Sid Ahmed Agoumi, Centre Culturel Algérien, Paris

Les Poèmes de Si Mohand, présentés par Mouloud Feraoun (Paris, Minuit, 1960 ; Rééd., Alger, Bouchène, 1989) ; Les Isefras de Si Mohand ou M'Hand, par Mouloud Mammeri (Paris, Maspero, 1969 ; Rééd., La Différence, 1994) ;
Cheikh Mohand. Le souffle fécond de Farida Aït Ferroukh,
Préface de Mohammed Arkoun (Paris, Volubilis, 2001) ; Youcef Nacib : Anthologie de la poésie kabyle (Alger, Les Andalouses, 1993 ; Rééd., Paris, Publisud, 1994)





Colloque international Saint Augustin (v. 354-430)
*
À l'ouverture du Colloque international sur Saint Augustin placé sous son patronage, le président Abdelaziz Bouteflika a revendiqué l'appartenance du théologien et philosophe berbère de confession chrétienne à "la généalogie des Algériens". El Watan, 2 avril 2001
Le colloque consacré à l'illustre évêque d'Hippone (aujourd'hui Annaba) a réuni à Alger plus de trente conférenciers et des invités, parmi lesquels le Pr André Mandouze et Bernard Pivot. Les conférenciers venus d'Afrique, d'Europe, des Amériques et jusque du Japon se sont penchés sur la vie et la pensée de Saint Augustin, en latin Aurelius Augustinus, né à Thagaste (auj. Souk Ahras) une ville latinisée de Numidie.
Après des études dans sa ville natale, puis à Madaure (auj. M'Daourouch) et Carthage où il étudia la rhétorique, le jeune Augustin fit une brillante carrière de grammairien à Rome et à Milan où, après un songe dans un parc, il se convertit au Christianisme (386). Il quitte alors sa chaire de rhéteur à l'université et renonce à ses ambitions sociales.
Trois ans plus tard, il regagne le continent et retourne à Thagaste en qualité de prêtre, avant d'être nommé évêque d'Hippone en 395.
Saint Augustin qui est considéré comme l'un des pères de l'Église latine a laissé une oeuvre encyclopédique d'où se détachent La Cité de Dieu en forme de manifeste de l'État chrétien et surtout Les Confessions qui inaugure le genre autobiographique. Il est également l'auteur de polémiques virulentes qui l'opposeront notamment à l'évêque Donat qui dirigea une église schismatique en s'appuyant sur les populations rurales berbères (circoncellions).
Il s'est s'éteint le 28 août 430 dans son évêché d'Hippone bientôt assiégé par les Vandales.
Édifiée entre 1881 et 1900, à quelques kilomètres d'Annaba (Bône durant la colonisation française), la basilique qui porte son nom a été construite sur le modèle de la cathédrale de Carthage. Dans l'abside est conservée une relique (cubitus droit) d'Augustin.

1er 7 avril 2001,
Colloque international Saint Augustin, Alger, Annaba, Souk Ahras et Guelma

* Oeuvres complètes -Les Confessions, Dialogues philosophiques
(Paris, Gallimard, Coll. La Pléiade, 1998 ; Les Confessions Paris, GF-Flammarion) ;
Oeuvres complètes -La Cité de Dieu (Gallimard-La Pléiade, 2000)

















Ben Abro
Assassination ! July 14, an Underground Thriller
Préface de James D. Lesueur
University of Nebraska Press, 2001
Écrit par Robert Silman et Ian Young, deux étudiants anglais de la Sorbonne et publié sous le pseudonyme de Ben Abro, Assassination! July 14 avait été mis au pilon en 1963 suite à une plainte déposée par Jacques Soustelle, ancien gouverneur de l'Algérie et l'un des personnages clé du roman.
L'universitaire James Lesueur vient de le republier avec une longue présentation dans laquelle il revient sur les protagonistes de cette aventure éditoriale à la fin de la guerre d'Algérie et sur le procès qui avait abouti à l'interdiction du livre. (Libération du 19 avril 2001)







Yassir Benmiloud
Zéro mort
Paris, Jean-Claude Lattès, 2001
Troisième ouvrage du journaliste Y. B., ce roman, qui met en scène la mort et l'arrivée au ciel d'un terroriste raconte sur un mode qui se veut comique le tragique de l'Algérie contemporaine.









Monique Enckell
Madame l'Afrique
Paris, le Seuil, 2001
"Si on frotte le passé et l'avenir, il en jaillit un étrange présent" écrit cette auteure de théâtre et comédienne. Dans ce roman-récit qui musarde autour de l'église Notre-Dame-d'Afrique, que le parler populaire a rebaptisée Madame l'Afrique, Monique Enckell se souvient de ses années algéroises où l'on croise Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Rachid Boudjedra, Hélène Cixous et beaucoup d'autres.






Yasmina Khadra
L'Écrivain
Paris, Julliard, 2001
L'auteur inspiré de Morituri ou de Double blanc avait récemment fait savoir qu'il allait révéler son identité. C'est chose faite avec ce livre où Mohammed Moulessehoul, officier de l'armée algérienne, se penche sur sa vie et sa double carrière d'écrivain. C'est sous les deux prénoms de sa femme, dont il avait signé les aventures à succès du commissaire Llob, qu'il publie L'Écrivain.






M
ehdi Lallaoui
Une nuit d'octobre
Paris, Alternatives, 2001
"L'oubli est complice de la récidive", disait le commentaire du Silence du fleuve son film consacré à la manifestation réprimée des Algériens du 17 octobre 1961 (Fr, 1991).
Troisième roman de Mehdi Lallaoui, Une nuit d'octobre revient à cette journée qui a valu à Jean-Luc Einaudi d'être poursuivi, en 1999, pour diffamation par Maurice Papon le préfet de police de la Seine à la fin de la guerre d'Algérie.





Björn Larsson
Le Mauvais oeil
Paris, Grasset, 2001
Suédois, professeur de français et lauréat du prix Médicis Etranger 1999 pour Le Capitaine et les rêves (Paris, Grasset), ce protestant de quarante-cinq ans considère que c'est le rôle de la littérature
de parler et de montrer l'Autre. Son thriller qui a pour décor le chantier du métro Eole traite à sa manière du racisme en France. Le Mauvais oeil de Björn Larsson met en scène le dilemme d'Ahmed face à Rachid l'islamiste, prénom inspiré de la rencontre de l'auteur avec Rachid Boudjedra.













André Allemand
Un crime en Algérie
Paris, Rivages/Noir, 2001





Salim Bachi
Le Chien d'Ulysse
Paris, Gallimard, 2001
Salim Bachi, dont Le Chien d'Ulysse figurait dans la première sélection pour le Goncourt, s'est vu décerner la bourse du même nom du premier roman.




Azzouz Begag et Ahmed Beneddif
Ahmed de Bourgogne
Paris, Le Seuil, 2001



Slimane Benaïssa
Le Silence de la falaise
Paris, Plon, 2001




Latifa Ben Mansour
L'Année de l'éclipse
Paris, Calmann-Lévy, 2001




Maïssa Bey
Cette fille-là
La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2001




Pierre Bourgeade
L'éternel mirage
Paris, Tristram, 2001






Régine Deforges
Alger Ville Blanche
Paris, Fayard, 2001














Mohammed Dib
Comme un bruit d'abeilles (nouvelles)
Paris, Grasset, 2001


 




Mourad Djebel
Les Sens interdits
Paris, La Différence, 2001




Mohamed Fellag
Rue des petites daurades
Paris, Jean-Claude Lattès, 2001




Jean Freustié
L'Entracte algérien
Paris-Méditerranée, 2001




Nina Hayat
L'Indigène aux semelles de vent
Paris, Tirésias, 2001




Elisabeth Higonnet-Dugua
La mer blanche du milieu
Paris, Séguier, 2001





Waciny Laredj
Fleurs d'amandier
Traduit de l'arabe par Catherine Charruau
Arles, Actes Sud-Sindbad
, 2001
Rencontre avec l'auteur, avec la participation de Zineb Laouedj et Noureddine Saadi, 30 mai 2001, Centre Culturel Algérien, Paris








Leila Marouane
Le Châtiment des hypocrites
Paris, Le Seuil, 2001







Mohamed Magani
Un temps berlinois
Paris, Publisud, 2001











Claire Messud
La Vie après
Traduit de l'anglais par Guillemette Belleteste
Paris, Gallimard, 2001




Malika Mokeddem
• N'zid
Paris, Le Seuil, 2001









Leïla Sebbar
(Sous la direction de)
Une enfance outremer
Paris, Le Seuil, 2001










Paul Smaïl
Ali le Magnifique
Paris, Denoël, 2001












Malika Wagner
Château d'eau
Arles, Actes Sud, 2001




Francis Zamponi
Le Don du sang
Arles, Actes Sud-Babel Noir, 2001
Francis Zamponi fut longtemps responsable de la rubrique Police au quotidien Libération. Ses deux premiers romans noirs, Mon colonel en 1999 puis In nomine patris en 2000, dessinaient déjà des prolongements à la guerre d'Algérie en France quarante ans après la fin du conflit. C'est également le cas du Don du sang qui relate les efforts d'un journaliste parisien parti à Montpellier enquêter sur les mésaventures d'un fils de harki employé par la Police.















Souad Belhaddad
Entre-deux je. Algérienne ? Française ? Comment choisir...
Paris, Mango, 2001




Louisette Ighilahriz
Algérienne
Récit recueilli par Anne Nivat
Paris, Fayard/Calmann-Lévy, 2001




Enrico Macias
En collaboration avec Florence Assouline
Mon Algérie
Paris, Plon, 2001




Khaled Nezzar
Algérie, échec à une regression programmée
Paris, Publisud, 2001














Farida Aït Ferroukh
Cheikh Mohand. Le souffle fécond
Préface de Mohammed Arkoun
Paris, Volubilis, 2001
Originaire de la Kabylie du Djurdjura, Farida Aït Ferroukh est docteur en anthropologie. Dans son dernier ouvrage, celle-ci interroge le parcours, la spiritualité
du poète Cheikh Mohand et la place de ses dits dans la mémoire du monde kabyle un siècle après sa mort.
Pour Mohammed Arkoun, le livre de Farida Aït Ferroukh "pose des jalons nouveaux sur la route encore mal tracée qui doit conduire à une relecture libératrice et refondatrice de l'espace historique et anthropologique maghrébin", dans une aire où "la définition purement idéologique" de l'identité maghrébine "est fondée sur une ignorance cultivée, institutionnalisée de l'histoire et de l'anthropologie du Maghreb ; cette ignorance nourrit chez bien des militants zélés de l'identité berbériste ou arabiste jusqu'à la volonté d'éradiquer les traces de " l'autre ". Pourtant, l'obscurité historique dans laquelle plonge Cheikh Mohand s'étend à bien d'autres " Figures du sens " (poètes, saints, sages, " sorciers ", médiateurs, hommes et femmes) d'expression arabe. C'est pourquoi je parle de la portée paradigmatique de l'exemple de Cheikh Mohand non seulement pour tout l'espace maghrébin, mais pour toutes les sociétés où les cultures orales luttent pour leur survie en recourant à l'écrit, à l'enquête ethnologique, aux pronominalisations anthropologiques, à un système éducatif approprié aux exigences d'une transition rapide et féconde".




K
ebir Ammi
Sur les pas de Saint Augustin
Paris, Presses de la Renaissance, 2001
Après Thagaste (Aube,1999) consacré au périple de Saint Augustin, l'auteur du Partage du monde (Gallimard, 1999) se penche sur la spiritualité du théologien et philosophe.




Peter Brown
La Vie de Saint-Augustin
Traduit de l'anglais par Jeanne-Henri Marrou
Préface et épilogue traduits par Denis Tierweiler
Paris, Seuil-Points Histoire, 2001









Rachid Boudjedra
Cinq fragments du désert
Alger, Barzakh, 2001













Sous la direction de Salem Chaker
Hommes et femmes de Kabylie. Dictionnaire biographique de la Kabylie (tome 1)
Aix-en-Provence/Alger, Edisud/Ina-Yas, 2001




Guy Dugas
Albert Memmi
Paris, Éditions du Nadir, 2001




Sous la direction de Rodolphe d'Erlanger
La Musique arabe (7 vol.)
Paris, Librairie Orientaliste, 1935
Rééd., Paris, Librairie Orientaliste Paul Geuthner, 2001
Préface de Christian Poché




Laurent-Charles Féraud
Histoire de Bougie
Présentation de Nedjma Abdelfettaf-Lalmi
Réédition, Paris, Bouchène, 2001







Rachid Mokhtari
La Chanson de l'exil. Les Voix natales (1939-1969)
Alger, Casbah, 2001












Tassadit Yacine-Titouh
Chacal où la ruse des dominés : aux origines du malaise culturel des intellectuels algériens
Paris, La Découverte, 2001














N
ina Bouraoui
Le Jour du séisme
Paris, Le Livre de Poche, 2001



Malek Chebel
Le Dictionnaire des symboles musulmans
Paris, Albin Michel, 2001



Tahar Djaout
Le Chercheur d'os
Paris, Le Seuil-Poche, 2001



Saïd Ferdi
Un enfant dans la guerre
Paris, Le Seuil-Points Virgule, 2001



Mouloud Mammeri
Poèmes kabyles anciens
Paris, La [Re]Découverte, 2001



Malika Mokeddem
La Nuit de la lézarde
Paris, Livre de Poche, 2001



Patrick Rotman et Bertrand Tavernier
La Guerre sans nom
Paris, Le Seuil-Points, 2001



Boualem Sansal
Le Serment des barbares
Paris, Gallimard-Folio, 2001



Amin Zaoui
La Soumission
Paris : Le Serpent à Plumes, 2001














Alger *
La Pensée de midi
N°4, Marseille, printemps 2001
Si "à partir de Marseille, s'intéresser à Alger va de soi…" , les rédacteurs de La Pensée de midi confient volontiers que "cette expérience du monde" souvent revendiquée ici avait "besoin d'être un peu plus qu'un slogan".
C'est ainsi qu'est né le projet d'une première édition "internationale" consacrée à la capitale algérienne, "prisonnière d'images fausses entre la nostalgie d'Alger la blanche et l'horreur d'Alger la noire, capitale du terrorisme et de l'islamisme".
Pour échapper à ces deux images réductrices, les promoteurs de la revue s'y sont rendus à la recherche d'une "Alger telle qu'en elle-même", le titre est du sociologue Rachid Sidi Boumediene. L'approche choisie, laisser se raconter Alger par ses Algérois(es), s'est traduite par un numéro dont le sommaire a été entièrement élaboré, sur place, à partir d'une promenade dans la ville et d'un portrait de son paysage culturel.
"Grâce à ces regards intérieurs, conclut Thierry Fabre en guise d'invite, "entrons dans Alger et sortons enfin de notre indifférence et de notre méconnaissance.
C'est peut-être une façon d'effacer cet angle mort, qui tient sans doute encore largement à la peur de l'autre"
.

* Alger, La Pensée de midi, n° 4, printemps 2001 (Actes Sud/La Pensée de midi)
200 pages, 80 F, 12,20 Euros








Disparitions





Myriam Ben
Née à Alger, institutrice jusqu'en 1956, Marylise Ben Haïm (1928-2001) participe à la guerre d'indépendance algérienne ce qui lui vaut d'être condamnée à 20 ans de travaux par le Tribunal permanent des forces armées. Après 1962, elle s'occupe de formation avant de se mettre à écrire.
Myriam Ben est l'auteur de romans, de nouvelles, de poèmes et de textes pour le théâtre.
A Paris au milieu des années soixante, elle s'attelle
à un roman resté inédit et à trois pièces de théâtre. "Après [Karim] une première pièce mettant en scène un moment précis et ponctuel de la lutte (avec la mise en scène des contradictions de l'individu pris entre ses sentiments et son devoir de patriote), puis [Leila] un second texte sur le présent des lendemains qui grincent et déchirent, Prométhée s'extirpait, en quelque sorte, d'un cadre historique pour réaliser le désir d'universalité commun à de nombreux dramaturges". (Diwan d'inquiétude et d'espoir, sous la direction de Christiane Achour, Alger, ENAG, 1991)
Seule Leila a connu l'épreuve d'une lecture publique, donnée par Mohammed Boudia en 1967 au petit TNP à Paris. Ce poème scénique en deux actes et un prologue a été publié en 1998.
Une nouvelle,
L'Enfant à la flûte, est au sommaire de la revue Les Temps Modernes d'août-septembre 1974 date à laquelle Myriam Ben retourne en Algérie. Deux ans plus tard, elle se fait véritablement remarquer avec Nora, certainement sa nouvelle la plus connue, datée de mars 1974 et publiée dans El-Djazaïria.
Nora
sera donnée en lecture, en 1976 à Alger, par l'Action Culturelle des Travailleurs la troupe de Kateb Yacine.
L'année suivante, L'École, une autre nouvelle de novembre 1967, est publiée par Les Temps Modernes. 1982 voit enfin publier Ainsi naquit un homme qui rassemble les textes des années soixante. Puis ce sera un livre d'entretiens avec l'universitaire Christiane Achour,
un recueil de poésie, Sur le chemin de nos pas, et un roman Sabrina, ils t'ont volé ta vie.
Retournée en France au début des années 1990, Myriam Ben était également artiste peintre.
Elle s'est éteinte le 19 novembre.
-Ainsi naquit un homme
Alger, La Maison des livres,
1982
Rééd., Paris, L'Harmattan, 1993
-Sur le Chemin de nos pas
Paris, L'Harmattan,
1984
-Sabrina, ils t'ont volé ta vie
Paris, L'Harmattan,
1986
-Myriam Ben/Christiane Achour
Paris, L'Harmattan,
1989
-Au carrefour des sacrifices
Paris, L'Harmattan,
1992
-Quand les cartes sont truquées
Paris, L'Harmattan,
1999




Marie Cardinal
Née à Alger, au sein d'une famille établie dans le pays depuis 1837, cette diplômée de philosophie a enseigné à Salonique, Lisbonne, Vienne et Montréal avant d'opter pour la nationalité canadienne.
Marie Cardinal
(1929-2001) a publié de nombreux livres entre fiction et autobiographie. Écoutez la mer qui évoque son départ d'Algérie a obtenu le prix international du Premier roman. Autrement dit, un livre d'entretiens publié en 1977, fait suite aux Mots pour le dire dans lequel elle racontait sa libération par la psychanalyse. Ces ouvrages seront suivis notamment de Au pays de mes racines, Le Passé empiété, Les Pieds-Noirs et Amour..., amours..., tous habités par le souvenir de l'Algérie natale.
"Je pense souvent à cet abordage de ma terre, confiait-elle dans ses entretiens avec Annie Leclerc. J'ai un désir profond d'y être de nouveau, de la sentir, de la humer, de la toucher. Mais j'ai peur en même temps, si j'y retournais, d'être assaillie et ligotée par la méduse gluante du sentiment, de l'attendrissement, des souvenirs de famille. Je pense déjà au cimetière de Saint-Eugène où sont enterrés mon père et ma soeur, je crains d'y aller, de me réfugier sur la dalle blanche où sont gravés leurs noms, semblables au mien, et de n'en plus bouger considérant que c'est là chez moi désormais. Alors que je connais peu -ou pas- ces deux morts qui restent là-bas comme les sentinelles dérisoires d'une histoire passée, détestable".
Marie Cardinal est morte le 9 mai à Valréas en France.
-Écoutez la mer
Paris, Julliard, 1962 ; Rééd., Livre de Poche
-Les Mots pour le dire
Prix Littré
Paris, Grasset, 1975 ; Rééd., Livre de Poche
-Autrement dit
Grasset, 1977 ; Rééd., Livre de Poche
-Au pays de mes racines
Grasset, 1980
-Le Passé empiété
Grasset, 1983
-Les Pieds-Noirs.
Algérie, 1920-1954
Paris, Belfond, 1988
-Amour..., amours...
Grasset, 1998




Jérôme Lindon

Fils d'un magistrat d'origine juive polonaise, Jérôme Lindon
(1925-2001) rejoint en 1946 les Editions de Minuit, nées dans la résistance à l'occupation allemande. À la tête de Minuit deux ans plus tard, il en fera la célèbre petite maison au catalogue prestigieux qui publie une vingtaine de titres par an depuis cette époque.
Artisan discret et réputé farouchement indépendant, l'éditeur fut le parrain de nombreuses étoiles de la littérature parmi lesquelles Georges Bataille, Maurice Blanchot, Samuel Becket et Michel Butor.
Dès 1956, cet ancien résistant s'est engagé contre la torture en Algérie. C'est aux
éditions de Minuit que paraissent notamment L'Algérie en 1957 de Germaine Tillion, puis La Question d'Henri Alleg, qui doit son titre à Jérôme Lindon, L'Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet et Le Désert à l'aube de Noël Favrelière. Les trois ouvrages seront saisis et l'éditeur poursuivi et condamné à plusieurs reprises.
Jérôme Lindon compte parmi les signataires du "Manifeste des 121" pour le droit à l'insoumission en Algérie. Cet appel, il l'a imprimé et pris une part active à sa diffusion.
La consécration est venue à deux reprises avec les Nobel attribués à Samuel Becket en 1969 et à Claude Simon en 1985. Prix Goncourt 1984 en France, L'Amant de Marguerite Duras s'est depuis imposé au sommet du prix.
Le catalogue des
Editions de Minuit compte également des auteurs comme Hervé Guibert, Bernard-Marie Koltès et Jean Echenoz *, prix Goncourt pour Je m'en vais en 1999.
Préoccupé par le sort du livre et de l'édition en France, Jérôme Lindon fut l'un des principaux artisans de la loi Lang (1981) sur le prix unique.
Il est mort le 9 avril des suites d'un cancer.


* Jérôme Lindon de Jean
Echenoz (Paris, Minuit, 2001)




Malek Ouary
Né à Ighil Ali au sein d'une famille de confession chrétienne, Malek Ouary
(1916-2001) appartient à la première génération des écrivains algériens de langue française. Après l'école dans son village natal et des études à Alger, il fait ses débuts de journaliste à Radio Alger où il entre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale avant de s'établir en 1959 à Paris rejoignant l'ORTF.
Le Grain dans la meule, son roman le plus connu qu'il publie en 1956, dresse un tableau du monde kabyle à travers une histoire de vendetta à la veille de la colonisation. Très tôt à Radio Alger, ce passionné de poésie orale procède à un travail de collecte et d'enregistrement -il a traduit et publié Le Collier d'épreuves et Poèmes et chants de Kabylie-, sauvant ainsi le témoignage d'un grand émule du poète Si Mohand ou un répertoire de chants rituels des femmes de son village.
L'écrivain est décédé le 21 décembre dans les Pyrénées en France.
-Par les chemins d'émigration
Reportage précédé du Collier d'épreuves (traduit du kabyle)
Alger, Société Algérienne de Publication, 1955
-Le Grain dans la meule
Paris, Buchet-Chastel, 1956
Rééd.,
Paris, Librairie Saint-Germain-des-Prés, 1972 ; Saint-Denis, Bouchène, 2000
-Poèmes et chants de Kabylie
Paris, Librairie Saint-Germain-des-Près, 1972
Rééd., à paraître,
Saint-Denis, Bouchène, 2002
-La Montagne aux chacals
Paris, Garnier, 1981
Rééd., Saint-Denis, Bouchène, 2000
-La Robe kabyle de Baya
Saint-Denis, Bouchène, 2000






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