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Théâtre 2000


Spectacles






Prophètes sans Dieu *
de Slimane Benaïssa
"Moïse invite Jésus et Mahomet à une réunion pour tenter de comprendre
pourquoi la planète va si mal aujourd'hui, alors qu'ils sont tous trois fils d'Abraham et qu'ils prêchent un même Dieu" ; mais se pose alors au dramaturge l'interdiction de représenter le Prophète de l'islam.
Avec Agoumi, Slimane Benaïssa et Gérald Chatelain, Emmanuelle Drouet (chant) et Rachid Brahim-Djelloul (violon)
Créé au Théâtre international de langue française en novembre 1998,
Prophètes sans Dieu est en tourneé.
24 mars 2001, Centre culturel algérien, Paris

* Prophètes sans Dieu de Slimane Benaïssa
Carnières (Bel), Lansman, 1999







Sarcelles-sur-Mer
de Jean-Pierre Bisson
C'est l'été au pied d'un grand ensemble de la banlieue parisienne et la mer est bien loin. L'auteur, sous les traits d'un professeur de théâtre désillusionné, se meut parmi une jeunesse en friche. Créée une première fois par Jean-Pierre Bisson (1944-1995) en 1973, Sarcelles-sur-Mer met en scène un personnage d'immigré algérien dans une cabane de bidonville.
Recréée au Théâtre Toursky à Marseille (9-11 novembre 2000) par Stéphane-Olivié Bisson, fils de l'auteur, la pièce a été reprise au Théâtre de la Tempête à Vincennes (21/11 - 23/12).
Sarcelles-sur-Mer sera visible au Théâtre Marcel Pagnol de Villiers-le-Bel (18/01/2001), au Théâtre André Malraux à Gagny (20/01), au Théâtre de Beauvais (26 et 27/01) et à l'Espace Jean Monnet à Athis-Mons (6 et 9/02)






Les Oranges*
de Aziz Chouaki
À travers une histoire d'Oranges mûries au soleil d'Algérie où on croise entre autres Isabelle Eberhardt et Albert Camus, Aziz Chouaki réveille un siècle et demi de l'histoire algérienne.
Présentée au Tilf (juin 1997), dans une mise en scène de l'auteur, la pièce a ensuite été enregistrée par la Radio Suisse Romande.
Recréée par Laurent Vacher au Théâtre de la Cité Internationale à Paris (février 1999), Les Oranges a été accueillie au Forum Culturel du Blanc-Mesnil (mars 2000) + d'info

* Les Oranges de Aziz Chouaki ( Paris, Mille et Une Nuits, 1998)








El Maestro *
de Aziz Chouaki
Avec Mouss
En vue d'une audition, pour représenter l'Algérie à un festival de musique appliquée à Genève, un chef d'orchestre dirige une répétition.
El Maestro (Le Chef) met en partition la vie à Alger, avec
des mots et des clameurs, des senteurs, des saveurs, des histoires et des rencontres, dans le tumulte des dernières années et la langue peu conventionnelle de Aziz Chouaki.
Mise en lecture au Festival des Francophonies de Limoges (septembre 2000), puis au Théâtre de la Cité Internationale (octobre), El Maestro va être créée par Nabil el-Azan en janvier 2001.
Larc, Scène nationale du Creusot
+ d'info

* El Maestro précédé de Les Oranges de Aziz Chouaki (Paris, Théâtrales, 2000)








Un bateau pour l'Australie
de Fellag
Après le succès de Djurdjurassique Bled et sa leçon d'Histoire sur les ancêtres berbères qui démarre, comme vous devez le savoir, avec la conception des premières cellules vivantes il y a de cela quelques milliards d'années, Fellag poursuit sa saga de l'homme algérien.
Avec Un bateau pour l'Australie, inspiré de son troisième one man show algérien de 1991, l'humoriste à succès a posé sa loupe à hauteur d'homme pour capter les attentes de ce grand pays que ses jeunes rêvent de quitter.
Créé en avril 2000 à la MC 93 de Bobigny, en tournée depuis.
20 janvier - 25 février 2001, Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10è, Tel : 01 46 07 34 50









Les Paravents*
de Jean Genet
Les Paravents fit grand bruit lors de sa création par Roger Blin en 1966 (Théâtre de l'Odéon, Paris). Dans cette pièce où sa situation d'exclu entrait en résonance avec celle des rebelles algériens, Jean Genet, qui critique les méthodes de la société française civile et militaire en Algérie, fustige l'aliénation du colonisé prompt à reproduire la conduite du colonisateur.
Patrice Chéreau a recréé ce "grand poème théâtral et funèbre" en 1983 (Théâtre des Amandiers, Nanterre), mais Marcel Maréchal qui projetait de le faire en 1991 (Théâtre de la Criée, Marseille), a dû reporter les représentations à l'année suivante pour cause de guerre du Golfe. Voici ce texte revisité par Bernard Bloch.
Créé le 7 novembre à la Comédie de Genève, le spectacle était à l'affiche du Théâtre des Amandiers-Nanterre, 6 janvier - 4 février 2001
- Valenciennes (15 et 16/02), Mulhouse (8, 9 et 10/03), Lille (13-18/03), Montluçon (23 et 24/03), Clermont-Ferrand (29 et 30/03) et Amiens (11 et 12/04).

* Les Paravents de Jean Genet ( Rééd., Paris, Gallimard-Folio, 1981)







Ma guerre d'Algérie
de Bernard Gerland
Bernard Gerland, qui fut lieutenant en Algérie, dit avoir écrit et joué ce texte pour exorciser le souvenir d'un meurtre commis durant la guerre. Comme il le confiera, l'aventure de ce spectacle a été encouragée par la diffusion, en 1992, du film La Guerre sans nom
de Bertrand Tavernier et Patrick Rotman.
Créé trois ans plus tard, le spectacle était toujours en tournée en 2000.







Nuit d'automne à Paris
de Gille Granouillet
C'est à la lecture de Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx (Paris, Gallimard, 1984) et de La Bataille de Paris. 17 octobre 1961 de Jean-Luc Einaudi (Paris, Le Seuil, 1991), autour de cette date longtemps occultée dans la mémoire française, que Guy Rétoré a demandé ce texte à Gilles Granouillet. Une histoire d'amour sur fond de guerre d'Algérie.
Mise en scène de Guy Rétoré
Théâtre de l'Est Parisien : mars-avril 2000







Djamila
Comédienne du Théâtre national algérien, Dalila Helilou a joué le personnage de Djamila dans Hafila Tassir *
, aux côtés de feu Azzeddine Medjoubi. C'est ce personnage, dont elle fit une composition remarquable, qu'elle a décidé de ressusciter dans ce monologue écrit par Djamel Hamouda.
La mise en scène est signée de Doriana Bent Amar, l'ancien professeur, d'origine roumaine, de Dalila à l'Institut d'Art dramatique.
Djamila a été représenté en novembre 2000 au Palais de la Culture à Alger.

* Hafila Tassir , d'après Le Voleur d'autobus de l'Égyptien Ihsan Abdelqoudous, adaptation de M'hamed Benguettaf, mise en scène de Ziani Cherif Ayad, Théâtre national algérien, 1983







La Confession d'Abraham *
de Mohamed Kacimi
Romancier, essayiste et dramaturge, Mohamed Kacimi el-Hassani s'est initié très tôt à la poésie arabe dont il a traduit des pièces choisies. Il vit et travaille à Paris depuis 1982.
La scène du sacrifice d'Abraham était déjà au cœur du Jour dernier son second roman (Paris, Stock, 1996) ; entre récit et théâtre, Mohamed Kacimi fait revivre le patriarche. "Debout à Hebron, dans le caveau des patriarches que se partagent une synagogue, une chapelle et une mosquée", Abraham s'interroge à son tour sur l'humanité qu'il a engendrée et prête l'oreille aux prières qui lui sont adressées.
La Confession d'Abraham a été créé en septembre 2000 au Festival des Francophonies de Limoges.

*-La Confession d'Abraham de Mohamed Kacimi (Paris, Gallimard-L'Arbalète, 2000)






Le Cadavre encerclé *
de Kateb Yacine
Le célèbre poème dramatique de Kateb Yacine a été donné en arabe littéraire par des élèves sortants de l'Institut national d'Art dramatique. Le spectacle inaugurait la réouverture du Théâtre national algérien, fermé depuis près de cinq ans pour travaux.
Le Cadavre encerclé, Théâtre national algérien (TNA), avril 2000

* Le Cercle des représailles (Le Cadavre encerclé ; La Poudre d'intelligence ; Les Ancêtres redoublent de férocité ; Le Vautour) de Kateb Yacine (Rééd., Paris, Le Seuil-Points, 1998)









Parfums d'Algérie : "Alger, Marseille et Paris"
Les compagnies Actif, L'Instant et le Théâtre de l'Equinoxe ont proposé des lectures de textes d'auteurs algériens et d'extraits des Lettres d'Algérie, publiées par le quotidien Le Monde (Paris, Gallimard-Folio, 1998).
Espace Icare, Issy-les-Moulineaux, oct.-déc. 2000











Malcolm X *
de Mohamed Rouabhi
Comédien et auteur dramatique, Mohamed Rouabhi est également metteur en scène. "Regarde d'où tu viens si tu veux construire le monde" dit son Malcolm X dont les discours ont été réécrits avec le concours de Toty, D' et Spike pour souligner les résonances avec la culture hip-hop.
Interprété par l'auteur, Toty, Inès, D' et Spike, la pièce a été créée au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis en mars 2000.

*-Malcolm X de Mohamed Rouabhi (Arles, Actes Sud-Papiers, 2000)






Nuit de divorce de Sonia
Dans cette comédie épicée de Sonia sur un argument de Mohamed Bouchibi, un mari qui menace sa femme de divorce est plus qu'embarrassé lorsque celle-ci accepte !
Avec Sonia, Rachid Farès
Créé en juin 2000 à Alger, le spectacle a été accueilli en novembre à Paris au Centre culturel algérien.










Et aussi






Bazar de Aziz Chouaki
Mise en scène de Pascale Spengler
Strasbourg, 2000





Ubu Roi d'Alfred Jarry
Née d'un atelier d'étudiants et destinée à fêter sur scène la sortie de leur promotion de l'Institut national d'art dramatique (INAD) de Bordj el-Kiffan, cette adaptation d'Ubu Roi en arabe s'est d'abord vu refuser une salle destinée à accueillir la première.
Alger, 2000










Publications






El Maestro précédé de Les Oranges
de Aziz Chouaki
Paris, Théâtrales, 2000











La Confession d'Abraham
de Mohamed Kacimi (récit-théâtre)

Paris, Gallimard-L'Arbalète, 2000











La Nuit du doute
d'Arezki Metref
Préface de Abdelkrim Djaad
Illustrations de Dilem
Paris, Domens, 2000






Malcolm X
de Mohamed Rouabhi
Arles, Actes Sud-Papiers, 2000










Disparition





Robert Gironès

À son retour d'Algérie où il a été mobilisé durant la guerre, Robert Gironès est entré à l'école du Théâtre national de Strasbourg en 1965. Le jeune metteur en scène fonde ensuite une compagnie et se fait remarquer avec Scènes de chasse en Bavière de Martin Sperr (1973).
À Lyon, Robert Gironès
(1942-2000) fait la rencontre de Jean Magnan* dont il créera trois pièces : Et pourtant ce silence ne pouvait être vide (1979), un texte sombre autour de l'histoire des sœurs Papin, et Entendu des soupirs (1981), le soliloque d'une infirmière meurtrière.
La troisième, Algérie 54-62
** (1991), se veut le témoignage d'un "acteur involontaire" de la guerre. De cette pièce, Robert Gironès dira : "C'est un spectacle de la mémoire de cette guerre-là ressentie, vécue et appréhendée par chacun de nous différemment. Jean Magnan affirmait par exemple qu'il n'avait pas connu le fait de guerre en Algérie alors que pour moi c'était vraiment la guerre. Ce qui m'intéresse dans le spectacle, c'est, d'une part, la mise en évidence de ce rapport conflictuel constitutif de la mémoire, face à la guerre, et, d'autre part, la confrontation de cette mémoire avec le silence et le refoulement et la mauvaise conscience de la mémoire collective. [...]
Il n'y a pas une journée où je ne pense à cette guerre d'Algérie. Elle m'encombre la mémoire. Et donc, pour m'en désencombrer, je me sens obligé d'en parler aux autres. Parce que c'était vraiment une guerre et l'on n'a jamais, en France, osé l'avouer"
.

Robert Gironès est mort le 10 décembre à Paris d'un cancer.

*
Acteur, metteur en scène et auteur, Jean Magnan (1939-1983) est, quant à lui, né à Alger qu'il quittera à l'âge de vingt ans. Premier et unique volet d'une trilogie sur l'Algérie, dont la rédaction a été interrompue par la mort de l'auteur, Algérie 54-62 couvre la période allant de 1954 à 1958.

** Algérie 54-62 (suivi de) Et pourtant ce silence ne pouvait être vide de Jean Magnan (Paris, Éditions Théâtrales, 1986)



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